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Ce petit dinosaure ressemblant à un oiseau serait en fait… un lézard

Crédits : LIDA XING

Des chercheurs ont récemment annoncé avoir identifié le plus petit dinosaure jamais découvert. Une étude, qui vient de réexaminer les données, conteste les résultats. Il s’agirait en réalité d’un petit lézard.

Il y a quelques semaines, des paléontologues annonçaient dans la revue Nature avoir découvert le crâne d’un minuscule dinosaure coincé dans l’ambre du Myanmar depuis au moins 99 millions d’années. Ce crâne de 1,4 cm de diamètre, pouvait-on lire, était jadis rattaché au corps d’un spécimen aviaire – baptisé Oculudentavis khaungraae – appartenant au groupe des dinosaures qui a donné naissance aux oiseaux modernes. Les chercheurs avaient par ailleurs estimé qu’il avait la taille du colibri-abeille, le plus petit oiseau vivant de nos jours.

Ce spécimen, dès lors considéré comme l’un des plus petits dinosaures jamais découverts, se distinguait par de grandes orbites positionnées sur les côtés de sa tête. Une caractéristique étonnante qui se retrouve normalement chez les lézards. C’est d’ailleurs ce qui a mis la puce à l’oreille de la paléontologue Jing Lu, de l’Académie chinoise des sciences.

Il s’agirait effectivement d’un lézard

La chercheuse a récemment demandé les copies des tomodensitogrammes de l’étude originale dans le but de réanalyser les données. Elle soutient alors, avec son équipe, que la forme et l’emplacement de ces orbites concordent effectivement beaucoup plus avec l’anatomie des lézards, plutôt qu’avec ceux d’un oiseau ou d’un dinosaure.

À l’intérieur de ses mâchoires, les paléontologues de la première étude avaient également repéré une trentaine de dents pointues, suggérant alors que le spécimen était un prédateur. Ceci, les chercheurs de la nouvelle étude ne le conteste pas. En revanche, alors que les dinosaures ont typiquement des dents qui se développent dans les alvéoles, expliquent-ils, celles de cette créature semblent fusionnées ensemble. Une caractéristique, encore une fois, beaucoup plus typique des lézards.

Les auteurs de l’article original avaient remarqué cette distinction. Celle-ci, selon eux, pouvait s’expliquer par la taille minuscule de l’animal. Or, Jing Lu et son équipe soutiennent qu’il n’existe à ce jour aucune preuve suggérant que la miniaturisation pourrait effectivement mener à de tels changements morphologiques.

oiseaux dinosaure
Crédits : LIDA XING

Le fait d’avoir considéré le spécimen en premier lieu comme un dinosaure aviaire, du fait de ses caractéristiques anatomiques, était extraordinaire. Mais comme le soulignent les chercheurs de la nouvelle étude, dès lors que vous envisagez la possibilité qu’il s’agisse d’un lézard, ces caractéristiques deviennent tout de suite moins remarquables. Les résultats, en revanche, sont beaucoup plus cohérents.

Malgré tout, les chercheurs en conviennent, la position d’Oculudentavis khaungraae dans l’arbre généalogique des lézards reste aujourd’hui encore très incertaine.

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