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Ce champignon découvert à Tchernobyl pourrait aider à coloniser Mars !

Crédits : Medmyco / Wikipedia

Un champignon retrouvé dans le réacteur numéro 4 de Tchernobyl pourrait faire l’objet d’une révolution en termes de conquête spatiale. En effet, il s’agit d’utiliser ce dernier afin de construire des boucliers anti-radiations cosmiques. Cette innovation pourrait servir à la Station Spatiale Internationale (ISS) mais aussi et surtout dans le cadre de la colonisation martienne.

Un champignon radiotrophe

Techniquement, le voyage sur Mars est possible et prendrait environ 9 mois. Toutefois, il existe encore de nombreux détails et de questions restant en suspend. Parmi ces problématiques, nous retrouvons celle des effets des rayons cosmiques sur l’organisme. La principale inquiétude concerne évidemment les dégâts au niveau du cerveau. Les recherches se multiplient à ce sujet, la NASA ayant d’ailleurs tout récemment mis au point un simulateur de rayons cosmiques.

Un trio de biologistes étasuniens a publié une étude sur la plateforme bioRxiv le 17 juillet 2020. Selon ces derniers, il serait possible d’exploiter un champignon radiotrophe bien connu sur notre planète : le Cladosporium sphaerospermum. Par “radiotrophe”, il faut comprendre que ce dernier est capable de “se nourrir” des radiations !

Le fait est que ce champignon a été observé dans le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl après la catastrophe de 1986. Des chercheurs y avaient envoyé des robots afin de prélever des échantillons de ce qui apparaissait comme étant de la moisissure noirâtre.

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Les futurs habitations martiennes contiendront-elles une couche de ce champignon pour protéger les humains des radiations cosmiques ?
Crédits : AI SpaceFactory

Une réduction des radiations cosmiques

Or, le fait est que ce champignon est capable d’utiliser des rayons gamma afin de produire de l’énergie métabolique à l’aide de mélanine, un pigment biologique très connu. Autrement dit, le champignon converti les radiations en énergie pour vivre, un processus que l’on pourrait comparer à la photosynthèse dans le cas des plantes.

En 2018, les meneurs de la récente étude ont envoyé le champignon à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Bien qu’il s’agissait d’une couche de seulement 1,7 mm d’épaisseur, les résultats sont très encourageants. Les radiations mesurées dans l’environnement de l’ISS toutes les 110 secondes – avec un compteur Geiger – ont été réduites de 2 % en moyenne.

Selon leurs calculs, les biologistes pensent qu’une couche de 21 cm de champignon pourrait “réduire l’équivalent de la dose annuelle dans l’environnement de rayonnement à la surface de Mars”. Par ailleurs, seulement “9 centimètres environ seraient nécessaires, avec un mélange équimolaire de mélanine et de régolite martien”.

Ne soyons pas trop optimistes

Malgré ces résultats qui rappelons-le, ont seulement fait l’objet d’une pré-publication, l’exploitation du champignon représente un véritable défi. Sur Mars, celui-ci ne pourra pas faire l’objet d’une culture en extérieur en raison du froid glacial. Il devra donc se trouver dans les murs isolés d’un bâtiment. De plus, il faudra obligatoirement l’hydrater. Utilisera t-on l’eau issue de la glace des pôles ?

Enfin, les meneurs de l’étude ont évoqué une autre piste intéressante. Selon eux, il pourrait être question d’exploiter la mélanine et trouver un moyen de l’intégrer aux combinaisons spatiales ou à d’autres matériaux.