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Les cauchemars et les terreurs nocturnes pendant l’enfance pourraient-ils être à l’origine de troubles mentaux ?

Crédits : simonwijers / Pixabay

On a tendance à penser que faire des cauchemars est tout à fait normal pendant l’enfance. Pourtant, les parents devraient les surveiller d’un peu plus près. Des scientifiques ont établi un lien entre ces mauvais rêves fréquents dans la jeunesse et les troubles psychologiques qui surviennent plus tard.

L’étude, publiée dans le British Journal of Psychiatry et menée par des chercheurs de l’université de Warwick au Royaume-Uni, se base sur la participation de 4 060 personnes. Les scientifiques ont posé des questions à des parents sur le sommeil de leur enfant, âgé de 2 à 9 ans, sur la fréquence des cauchemars et des terreurs nocturnes. Des enfants de 12 ans ont répondu eux-mêmes à ces questions et des jeunes de 18 ans ont été interrogés sur leurs potentielles expériences psychotiques, comme des hallucinations ou la paranoïa.

Cette expérience a révélé que les jeunes qui faisaient régulièrement des cauchemars à 12 ans étaient 3,5 fois plus susceptibles de développer des troubles mentaux par la suite, et ceux atteints de terreurs nocturnes l’étaient 7 fois plus. Mais comment les troubles du sommeil de l’enfant peuvent influencer l’état psychologique de l’adulte ? Andrew Thompson, membre de l’étude, tente de l’expliquer : « L’anxiété, les symptômes dépressifs ainsi que des événements stressants pourraient expliquer ces résultats ».

Aucune preuve tangible ne peut encore affirmer qu’il existe un lien de cause à effet entre les cauchemars et terreurs nocturnes de l’enfance et les troubles psychologiques qui surgissent à l’âge adulte. Mais cette étude révèle déjà que ces troubles du sommeil chez l’enfant peuvent révéler des problèmes psychologiques plus profonds.

« Il est probable que chez certains individus, les cauchemars et les terreurs nocturnes sont sans effet sur leur état mental plus tard », explique Andrew Thomson. « Toutefois, chez les personnes présentant des risques supplémentaires tels que des antécédents familiaux psychiatriques ou un choc traumatique, ces troubles du sommeil peuvent avoir une plus grande importance que ce que l’on ne pourrait croire et mettre en évidence une maladie mentale. »

Les recherches se poursuivront sur le sujet afin de déterminer plus précisément l’impact des cauchemars et des terreurs nocturnes sur l’état psychologique. En attendant, il vaudrait mieux, pour les médecins ou les parents, prêter davantage attention à la qualité du sommeil des enfants.

Sources : British Journal of PsychiatrySciences et Avenir.