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Et si une catastrophe pétrolière avait eu raison des dinosaures ?

Cette hypothèse a été formulée par des chercheurs américains et reprise par des scientifiques japonais. Et si le corps céleste ayant frappé la Terre il y a des dizaines de millions d’années avait touché d’énormes quantités de pétrole ?

Les géologues Mark Harvey et Simon Brassell de l’Université Bloomington (États-Unis) avaient émis cette hypothèse en 2010, celle-ci a par la suite été reprise par des chercheurs en géosciences l’université Tohoku et de l’Institut de recherche météorologique du Japon. Ces recherches fascinantes ont fait l’objet d’une publication dans la revue Nature.

La disparition des dinosaures a été causée par un petit corps céleste d’une dizaine de kilomètres de diamètre il y a près de 66 millions d’années. Le choc, dont la puissance a été estimée 5 milliards de fois plus importante que celle causée par la bombe d’Hiroshima en 1945 a produit cratère de 180 kilomètres de diamètre. Les chercheurs américains avaient analysé la couche KT résultant de l’impact, cette dernière renfermant de l’iridium. Ils ont alors pu donner plus de précisions concernant certaines particules carbonées que l’on avait toujours interprétées comme étant de la « suie ».

L’impact avait produit une onde de chaleur couplée à la retombée d’un nombre incalculable de roches fondues. Les quantités de suie rejetées dans l’atmosphère avaient alors été identifiées comme la conséquence de la combustion de nombreuses forêts. Pour les scientifiques américains, cette version est inacceptable, ces derniers estiment qu’il s’agit là du résultat de la combustion de grande quantité de charbon, mais surtout de pétrole.

Le site de l’impact, à savoir le cratère de Chicxulub (Yucatán, Mexique), est proche d’un des plus grands champs pétrolifères offshore de la planète : le complexe de Cantarell. Après enquête, les chercheurs ont estimé que le corps céleste ayant frappé la zone avait dû impacter des roches chargées en pétrole, ce qui a provoqué d’immenses explosions de ces hydrocarbures ainsi que leur combustion. Le résultat n’est autre qu’un effet environnemental amplifié et une modification importante du climat terrestre.

Les chercheurs nippons ayant repris l’étude de 2010 ont davantage travaillé sur la fameuse suie. Selon les experts, dans le cas où celle-ci aurait été produite par des incendies de forêt, elle serait restée dans la partie basse de l’atmosphère (troposphère) et serait retombée assez rapidement, soit en une semaine seulement. Or les modèles climatiques utilisés au cours des recherches laissent plutôt penser à une montée de cette suie à une hauteur plus importante dans la stratosphère. Dans cette couche supérieure de l’atmosphère, de tels rejets n’auraient jamais pu retomber aussi rapidement et y seraient restés des mois durant, voire des années. Ce serait donc la seconde situation qui aurait donc causé d’importants changements climatiques sur Terre.

Voulez-vous en savoir plus ? Voici une interview du paléontologue français Éric Buffetaut effectuée par Futura Sciences :

Sources : Futura SciencesDaily Mail