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Un casque antibruit modifié pour mesurer le taux d’alcool dans le sang

Crédits : LightFieldStudios / iStock

Allons-nous assister à la démocratisation d’un nouveau type d’alcootest ? Rien n’est impossible, au regard des récents travaux d’une équipe de chercheurs japonais. Ils ont en effet modifié un casque antibruit ordinaire afin de mesurer l’alcool que dégage la peau des oreilles.

Un test cutané au niveau des oreilles

Et si l’expression “souffler dans le ballon” n’avait plus cours dans un avenir assez proche ? Nous n’en sommes évidemment pas encore là, mais des scientifiques de l’Université médicale et dentaire de Tokyo (Japon) ont mis au point un nouveau type d’alcootest qui n’a pas grand-chose en commun avec les dispositifs actuels qu’utilisent les autorités pour déterminer la quantité d’alcool présent dans le sang. Toutefois, cet appareil décrit dans la revue Scientific Reports le 10 juin 2021 permet également de déterminer si une personne a enfreint ou non la loi.

La police utilise aujourd’hui des éthylotests nécessitant de souffler à l’intérieur durant plusieurs secondes sans s’arrêter. Néanmoins, certaines personnes n’y parviennent pas ou prétendent ne pas y arriver. Le dispositif des chercheurs japonais n’aura pas ce problème puisqu’il s’agit d’un test cutané. Ils ont tout d’abord étudié la possibilité de mesurer le taux d’alcoolémie au niveau de la paume de la main, mais ont rapidement placé leur intérêt ailleurs.

Les chercheurs ont choisi les oreilles qui offrent une surface assez grande et surtout une peau contenant assez peu de glandes sudoripares. Or, ces mêmes glandes sécrètent la sueur, pouvant potentiellement faire varier le résultat du test d’alcoolémie en cas d’abondance.

Un casque antibruit modifié

L’appareil qu’ont présenté les scientifiques nippons se présente sous la forme d’un casque antibruit ordinaire. Ce dernier a toutefois été modifié dans le but d’y faire transiter un courant d’air fin. En sortie de casque, l’air entre en contact avec un capteur de vapeur d’éthanol à des fins d’analyse. Trois volontaires ont testé le dispositif sur leurs oreilles durant deux heures tout en consommant de l’alcool. Régulièrement, ces volontaires se soumettaient également à des alcootests classiques.

casque anti bruit alcootest
Crédits : Université médicale et dentaire de Tokyo

Selon les résultats, la mesure via les oreilles donnait un taux d’alcoolémie similaire à celui des alcootests avec toutefois, un décalage de treize minutes. Comme l’explique le principal auteur de l’étude Koji Toma, un résultat rapide (comme dans le cadre d’un contrôle de police) implique de porter le casque une trentaine de secondes.

Désormais, les chercheurs focalisent leurs efforts sur le développement de cette idée dans le but d’adapter le dispositif à d’autres usages médicaux. Il s’agira vraisemblablement d’usages pour lesquels l’analyse continue des substances biochimiques du sang peut servir. Citons par exemple la mesure du taux d’acétone, indiquant la quantité de graisse que brûle l’organisme durant une activité physique.