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Un capteur défectueux à l’origine du faux départ d’Artemis ?

Crédits : NASA

Un simple problème de capteur pourrait être à l’origine de l’anomalie détectée dans l’un des quatre moteurs RS-25 de la fusée SLS ayant amené les responsables de mission à annuler le tir de lundi. Les équipes ne vont probablement plus tenir compte de ce capteur pour tenter un lancement d’Artemis 1 samedi prochain.

Les contrôleurs de vol de la NASA ont interrompu la première tentative de lancement de la mission Artemis 1 ce lundi après avoir été incapables de vérifier que le moteur numéro trois de la fusée SLS avait été correctement refroidi à une température de -215°C avant l’allumage. Or, cette condition est essentielle pour permettre l’injection des carburants liquides cryogéniques (hydrogène et oxygène). En réalité, il pourrait ne pas s’agir d’un réel problème.

Lors d’une conférence de presse tenue mardi soir, John Honeycutt, le responsable du programme de la NASA pour la fusée SLS, a en effet déclaré que son équipe d’ingénieurs pensait que le moteur s’était en réalité bel et bien refroidi à la température requise. Cette température n’aurait simplement pas été correctement mesurée à cause d’un capteur défectueux.

Les ingénieurs sont en effet convaincus que de l’hydrogène liquide coulait dans le moteur lors du compte à rebours, car d’autres capteurs, notamment des mesures de pression, semblaient conformes aux attentes. La façon dont le capteur de température se comportait « ne correspondait pas à la physique de la situation« , a déclaré John Honeycutt.

Le changement d’un tel capteur nécessiterait probablement un retour de la fusée SLS au bâtiment d’assemblage du Kennedy Space Center en Floride. Or, une telle manœuvre impliquerait de retarder le lancement au mois d’octobre, ce que la NASA aimerait éviter si possible. Les différentes parties de la fusée sont en effet empilées depuis près d’un an, ce qui favorise l’usure du véhicule.

fusée sls artemis
Crédits : Chandan Khanna

Une tentative malgré tout

Si les ingénieurs de la NASA campent sur leur position, alors l’équipe de mission pourrait élaborer un plan de vol permettant de passer outre les mesures de ce capteur. Concrètement, si un problème comparable se présente samedi lors de la seconde tentative, les chercheurs décideront probablement de passer outre.

D’un point de vue physique, l’allumage de propulseurs super refroidis dans un moteur plus chaud que prévu endommagerait probablement ledit moteur. On peut donc supposer que la NASA, qui ne prend désormais plus aucun risque, ne lancerait pas sa fusée sans une grande confiance dans sa logique de vol.

La fenêtre de lancement de samedi sera ouverte pendant deux heures, de 20 h 17 à 22 h 17, heure française. En attendant, l’agence garde un œil sur les prévisions météorologiques. Bien que des orages se développent régulièrement le long de la côte pendant les après-midi d’été, l’officier météorologique du lancement, Mike Burger, a déclaré que le flux terrestre devrait être assez fort ce week-end. Cela devrait pousser la brise plus à l’intérieur des terres et potentiellement permettre une ou deux opportunités de lancement d’Artemis 1 pendant la fenêtre de deux heures.

Si la météo est capricieuse, la NASA pourra encore tenter un lancement le 5 septembre prochain. En cas de nouveau report, la fusée SLS devra être rapportée dans le bâtiment d’assemblage des véhicules pour des travaux de maintenance.