in

Les cancers augmentent considérablement chez les moins de 50 ans

Crédits : Chinnapong / iStock

Selon une récente étude menée aux États-Unis, le nombre d’adultes de moins de 50 ans développant un cancer a considérablement augmenté dans le monde depuis trois décennies. Mais cette hausse inquiétante n’est-elle pas due à l’amélioration des techniques de dépistage ?

Une inquiétante évolution

Depuis le début des années 1990, le monde fait face à une augmentation considérable des cas de cancers avant l’âge de 50 ans. Des chercheurs de l’École de Médecine de l’Université de Harvard (États-Unis) ont récemment tenté de comprendre si cette augmentation de la précocité des cancers constituait ou non une épidémie émergente à l’échelle mondiale. À en croire cette étude parue dans la revue Nature Reviews Clinical Oncology le 6 septembre 2022, la réponse est oui.

Du fait de l’augmentation de la population et des progrès en matière de dépistage, il n’est pas étonnant d’observer une augmentation des cas de cancers. En revanche, ce qui est plus préoccupant, c’est le fait qu’un plus grand nombre de personnes de moins de 50 ans soient touchées. Le pathologiste et épidémiologiste Shuji Ogino ayant participé à l’étude est formel : le risque de cancer précoce semble avoir augmenté à chaque nouvelle génération.

Cette conclusion provient de l’analyse des risques concernant 14 types de cancers différents pour des personnes nées entre 1950 et 1990, ainsi que de l’étude des risques à partir des années 1990. Selon les résultats, il est question d’une évolution du taux de cancer chez les personnes de moins de 50 ans entre 2000 et 2012. Par ailleurs, les scientifiques ont tenté de comprendre les facteurs de cette évolution en passant en revue toutes les études antérieures sur le sujet.

Crédits : skeeze / Pixabay

Une combinaison complexe de facteurs

Premièrement, l’augmentation des dépistages permet de détecter un nombre plus important de cancers précoces. En revanche, ce point n’est pas le seul pouvant expliquer le phénomène, et ceci est d’autant plus vrai qu’il existe des pays n’ayant aucun programme de dépistage mais qui aujourd’hui pourtant font face à un taux de cancers précoces inédit. Les meneurs de l’étude évoquent également le changement des modes de vie, notamment l’essor des aliments ultra-transformés.

Pour aller plus loin, l’étude suggère l’implication d’une combinaison complexe entre régime alimentaire, mode de vie, expositions environnementales et microbiome. Or, les résultats montrent que 8 cancers sur les 14 analysés sont en lien avec le système digestif. Par ailleurs, les chercheurs se sont intéressés au sommeil. Si la durée du sommeil des adultes n’a pas beaucoup changé au cours des dernières décennies, ce n’est pas le cas de celle des enfants. Ces derniers dorment beaucoup moins qu’auparavant.

Pour les scientifiques, il faudrait mettre en place un objectif sur le long terme afin de réduire le risque de cancers précoces, à savoir éduquer les populations à mener une vie plus saine dès les premières années de leur vie.