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Cancer infantile : une nouvelle découverte stratégique

Crédits : CC0 Public Domain

Des chercheurs australiens annoncent avoir identifié une protéine cellulaire jouant un rôle de premier plan dans le développement du neuroblastome, l’un des cancers les plus courants et les plus dangereux chez les jeunes enfants.

Le neuroblastome, qui affecte le système nerveux, est l’une des tumeurs malignes les plus fréquentes chez les enfants. Elle se caractérise par une extrême variabilité clinique et évolutive, allant de la régression spontanée sans traitement à la progression rapidement fatale.

Nous savons que le tiers des enfants ayant des niveaux très élevés de MYCN – un facteur de transcription qui augmente l’expression de plusieurs gènes impliqués dans le développement du neuroblastome – ont un mauvais pronostic vital. Cependant, jusqu’à présent, MYCN s’est révélé être une cible inaccessible pour la conception de médicaments.

C’est pourquoi, depuis plusieurs années, des chercheurs préfèrent se tourner vers d’autres molécules évoluant en étroite collaboration avec MYCN. Dans le cadre d’une nouvelle étude, une équipe du Children’s Cancer Institute, en Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie) s’est focalisée sur une protéine cellulaire appelée ALYREF.

D’après leurs travaux, publiés dans Nature Communications, celle-ci joue un rôle crucial dans l’accélération des effets du MYCN dans le neuroblastome. Plus précisément, ALYREF semble se lier directement à MYCN pour activer une autre protéine, USP3, ce qui empêche sa dégradation. Ce processus maintient alors les niveaux extrêmement élevés de MYCN nécessaires pour développer le cancer.

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Localisations possibles d’un neuroblastome primitif (en rouge). Crédits : Julie Borgese/Fondation Arc

Une nouvelle cible thérapeutique

Le fait que MYCN dépende autant d’ALYREF pour stimuler la croissance des cellules cancéreuses suggère ainsi que son inhibition pourrait interrompre ce cycle. Selon le Dr Glenn Marshall, qui co-signe cette étude, il s’agit d’une découverte mondiale.

«Nous avons pu montrer pour la première fois qu’ALYREF se lie et contrôle réellement la fonction de MYCN dans les cellules de neuroblastome», explique le chercheur. «Cela signifie que nous avons désormais une nouvelle molécule à cibler… une nouvelle façon d’atteindre MYCN pour l’empêcher de provoquer une croissance agressive du cancer».

La prochaine étape sera de développer un médicament capable d’inhiber les actions d’ALYREF. «Une fois que nous aurons trouvé un candidat-médicament approprié, nous pourrons le soumettre à un essai clinique chez des enfants présentant des niveaux élevés de MYCN et d’ALYREF dans leurs tumeurs», concluent les auteurs.

Il est intéressant de noter que le ciblage d’ALYREF peut également s’avérer utile pour d’autres types de cancer qui, comme le neuroblastome à haut risque, sont induits par MYCN. Ceux-ci comprennent le cancer du sang, le glioblastome, le rétinoblastome ou encore le cancer neuroendocrinien de la prostate.