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Canada : la vague scélérate la plus extrême jamais enregistrée

Crédits : Katsushika Hokusai / Wikipedia

En général, il est plutôt rare d’observer directement une vague scélérate. Dans l’ouest du Canada, il y a deux ans, une bouée a toutefois enregistré la vague scélérate la plus extrême jamais répertoriée. La taille de cette dernière était aussi imposante qu’un immeuble de six ou sept étages, mais sa principale caractéristique est ailleurs.

Des observations rares, mais impressionnantes

Tout d’abord, il faut rappeler que les vagues scélérates sont des vagues océaniques très hautes. Surtout, leur caractère très soudain les rend complètement imprévisibles. Considérées comme rares, les vagues scélérates sont en réalité très nombreuses, mais seule un petite partie a pu être observée par les humains. Par ailleurs, l’existence des vagues scélérates a été très longtemps mise en doute, faute de mesures objectives, et ce, malgré de premières descriptions datant du XIXe siècle. Il se pourrait en outre que ces vagues expliquent les mystérieuses et nombreuses disparitions dans le Triangle des Bermudes.

La première vague de ce genre ayant fait l’objet d’une documentation complète s’était produite en 1995 et avait frappé la plate-forme pétrolière Draupner, au large de la Norvège. La vague mesurait 25,6 m de haut alors que la hauteur significative mesurée en mer du Nord atteignait seulement 10,8 m.

Aujourd’hui, si les observations restent rares, les vagues scélérates sont mieux connues. Ainsi, lorsqu’une d’entre elles est enregistrée à l’aide d’un instrument, les scientifiques attendent les résultats avec impatience. Dans leur publication dans la revue Scientific Reports du 2 février 2022, deux chercheurs de l’institut MarineLabs de l’Université de Victoria (Canada) évoquent d’ailleurs la vague scélérate la plus extrême jamais enregistrée.

vague scélérate
Crédits : Encyclopædia Britannica

Un record de proportionnalité

La vague s’est produite en 2020 au large d’Ucluelet, près de Vancouver en Colombie-Britannique. Sa hauteur est impressionnante : 17,6 mètres, soit approximativement la taille d’un immeuble de six ou sept étages. Néanmoins, d’autres vagues connues ont atteint des hauteurs bien plus conséquentes, dépassant parfois les trente mètres. En revanche, la vagué d’Ucluelet a battu un record de proportionnalité, car cette dernière était trois fois plus haute que les autres vagues à proximité. En comparaison, la vague de la plateforme Draupner était 2,5 plus haute que ses voisines. Selon les auteurs de la publication, la vague scélérate de 2020 est la plus extrême jamais enregistrée, mais surtout, aucune vague de cette ampleur n’avait jamais été directement observée en pleine mer.

Par le biais de ce genre d’observation, l’objectif est de mieux comprendre ce type de vagues, puis d’effectuer des modélisations afin de tenter de prévoir leur formation. L’objectif ultime serait de mettre au point des systèmes d’alerte afin d’en équiper les navires et autres infrastructures maritimes (plateformes pétrolières, parcs éoliens, etc.). De plus, l’urgence est d’autant plus présente que le réchauffement climatique actuel pourrait augmenter la fréquence et l’intensité des vagues scélérates.