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Canada : de la peau de dinosaure trouvée sur un squelette datant du Crétacé

Un Parasaurolophus illustré en 3D, de la famille des Hadrosauridae. Crédits : Warpaintcobra/iStock

C’est une formidable découverte qui nous vient du Canada : un bout de squelette d’hadrosaure encore partiellement vêtu de peau fossilisée. Rares sont les trouvailles de cet acabit, où l’organe n’a pas été totalement détérioré avant la pétrification du corps. Un tel trésor paléontologique n’a pas manqué de susciter l’engouement des scientifiques, dont les futures analyses révéleront à n’en pas douter tout un florilège de connaissances sur cet animal ancestral.

De la peau d’hadrosaure conservée depuis pas moins de 75 millions d’années

Le parc provincial Dinosaur, situé en Alberta (région canadienne), regorge de fossiles de dinosaures. En 2021, lors d’une visite de routine du site, les scientifiques sont tombés par hasard sur des ossements fossilisés qui dépassaient d’une paroi sédimentaire. Une queue ainsi qu’une patte postérieure se dévoilaient à l’air libre, l’anatomie restante semblant emmurée. Il s’agit d’une découverte somme toute assez commune dans cette région du globe, car l’Amérique du Nord accueillait autrefois une foule de dinosaures hétérogènes durant le Crétacé supérieur (-77 à -75 millions d’années).

fossile dinosaure
Le fossile d’hadrosaure au centre, entouré de deux docteurs en paléontologie. Parc provincial Dinosaur, en Alberta. Crédits : Compte Facebook du Royal Tyrrell Museum of Palontology

Par ailleurs, les chercheurs se sont rapidement aperçus qu’il s’agissait là d’un hadrosaure, un dinosaure herbivore à bec de canard. De plus, cette espèce disparue a laissé d’innombrables ossatures à disposition des experts, répandues à travers le parc Dinosaur. Il n’y avait donc pas de quoi s’extasier outre mesure. En revanche, la présence de morceaux de peau fossilisée recouvrant certaines parties osseuses a immédiatement interpellé les scientifiques.

Velafrons hadrosaure
Un Velafrons de la famille des Hadrosauridae. Crédits :
Warpaintcobra/Wikimedia

Les travaux d’excavation sont en marche

La mise au jour complète de l’hadrosaure vient cependant tout juste de débuter (en août 2022). Les étudiants présents sur place, accompagnés de professionnels, s’activent pour déblayer les sédiments qui ensevelissent pour l’instant l’ensemble du squelette. Néanmoins, cette équipe devra s’armer de patience avant de sabrer le champagne, puisque cette tâche aussi minutieuse que complexe se poursuivra sur plusieurs années. Cette attente se verra ensuite récompensée par les études menées sur ces rarissimes brins de peau. En effet, une fois le spécimen libéré, ce dernier ira sans tarder rejoindre le Royal Tyrrell Museum of Paleontology à DrumHell (Canada) en vue de subir différentes analyses qui nous en diront à coup sûr long sur les hadrosaures.

Badlands Canada
Les badlands du parc Dinosaur au Canada. Crédits : Heckepics/Wikimedia

Qui plus est, l’individu en question, pour l’heure toujours bloqué par son tombeau de fortune, serait un jeune hadrosaure. Cette aubaine permettrait d’en apprendre davantage sur les caractéristiques de l’espèce.

Un dinosaure entièrement recouvert de peau ?

D’après la position de l’animal, il se pourrait bien que l’intégralité du corps soit prise dans la roche. Si cette hypothèse alléchante et sérieusement envisageable se vérifie, il y aurait de fortes chances de retrouver des segments de peau supplémentaires permettant de dessiner la morphologie du dinosaure avec une précision sans précédent.

Les scientifiques espèrent donc déterrer des ossements quasi intacts. Imaginons un seul instant que le crâne de l’hadrosaure soit lui aussi partiellement (voire pleinement, allons-y franchement) revêtu de peau. Si tel était le cas, ce serait probablement l’une des découvertes paléontologiques majeures du XXIe siècle. Toujours est-il que la réponse nous apparaîtra d’ici quelques années. Avant de conclure, des images plus parlantes corroborant cette révélation sont à retrouver sur ce blog consacré au musée canadien.

Hadrosaure dinosaure
Illustrations d’hadrosaures datant de 1916. Crédits : Heinrich Harder/Wikimedia

Notre soif de connaissances concernant les plus célèbres anciennes créatures que la Terre ait portées n’est pas prête de s’étancher tant il existe encore d’indices à déceler et de mystères à élucider.