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Dans l’Arctique canadien, deux calottes glaciaires ont complètement disparu

Crédits : Bruce Raup / NSIDC

Sur de récentes images satellites prises par la NASA, deux calottes glaciaires du Nunavut, au Canada, dénotent par leur absence. Deux autres structures pourraient également bientôt subir le même sort.

Il y a une soixantaine d’années, deux calottes glaciaires de la baie St Patrick léchaient encore le plateau Hazen, de l’île d’Ellesmere. En 1959, l’une s’étalait sur 7,48 km carrés, l’autre sur 2,93 km carrés. Ces deux structures ont depuis fait les frais du réchauffement climatique. En 2015, elles ne mesuraient plus que 5% de leur taille. En 2017, une étude publiée dans The Cryosphere avait alors prédit leur disparition cinq ans plus tard. Malheureusement, les chercheurs avaient vu juste.

De nouveaux relevés photographiques capturés le 14 juillet par ASTER (Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer), un instrument d’imagerie embarqué sur Terra, un satellite de la NASA, témoignent en effet de leur absence.

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Les différents contours des deux calottes glaciaires de la baie de St.Patrick en 1959, 2001, 2014 et 2015. Crédits : The cryosphere
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Sur l’image de gauche, on retrouve les calottes glaciaires en 2015. Comme le montre l’image de droite prise le 14 juillet, elles ont aujourd’hui complètement disparu. Crédits : Bruce Raup, NSIDC

Le réchauffement climatique responsable

Nous savons depuis longtemps qu’à mesure que le changement climatique s’installe, les effets sont particulièrement prononcés dans l’Arctique“, explique Mark Serreze, directeur du National Snow and Ice Data Center (NSIDC), et principal auteur de l’article publié il y a trois ans. “Mais la mort de ces deux petites casquettes que je connaissais si bien a rendu le changement climatique très personnel”.

Lorsque le chercheur a visité ces calottes glaciaires pour la première fois, elles semblaient être un élément permanent du paysage. Aujourd’hui, le chercheur s’attriste qu’il “ne reste que quelques photos et beaucoup de souvenirs“.

Il est en effet bien documenté que l’Arctique fond deux fois plus vite que le reste du monde. Entre 2000 et 2015, les températures moyennes sur l’île d’Ellesmere ont augmenté de 1°C. D’après les chercheurs, l’été particulièrement chaud essuyé dans la région en 2015 serait responsable d’une grande partie de la fonte récente de ces deux glaciers.

Ces deux structures de la baie Saint-Patrick s’étaient formées et ont probablement atteint leur étendue maximale pendant le Petit Âge glaciaire opéré entre le début du XIVᵉ et la fin du XIXᵉ siècles.

Les calottes glaciaires Murray et Simmons, elles aussi présentes sur le même plateau, sont situées à une altitude plus élevée. De ce fait, elles semblent fondre à un rythme plus lent. Les chercheurs prédisent toutefois que leur disparition est également imminente.