Le Canada commence à travailler sur le bras robotique du futur avant-poste lunaire

Canadarm3 gateway
e bras robotique Canadarm3, conçu par un artiste, posé sur Gateway. Crédits : Agence spatiale canadienne

L’exploration spatiale est sur le point de franchir une nouvelle étape passionnante avec l’arrivée du Canadarm3, un bras robotique de nouvelle génération destiné à la future station spatiale Gateway de la NASA. Ce projet, soutenu par un contrat de conception et de test de 730 millions de dollars attribué par l’Agence spatiale canadienne (ASC), marque également un tournant pour la participation du Canada dans les missions lunaires habitées du programme Artemis de la NASA.

Un nouveau bras robotique dans l’espace

Les bras robotiques Canadarm ont joué un rôle crucial dans l’exploration spatiale depuis plus de 40 ans. Le premier a été utilisé pour la navette spatiale et les premières missions de la Station spatiale internationale (ISS), tandis qu’une seconde version continue d’effectuer des travaux de maintenance et des sorties dans l’espace sur l’ISS.

MDA Space, le constructeur de ces bras robotiques, a donc été logiquement sélectionné pour développer le Canadarm3 qui utilisera des technologies de pointe, y compris l’intelligence artificielle, pour offrir une certaine autonomie dans les opérations de maintenance et de surveillance de la future station Gateway.

Une conception intelligente

Ce nouveau système robotisé comprendra deux bras distincts : un bras principal et un bras secondaire plus petit. Le bras principal d’environ 8,5 mètres de long sera conçu pour manipuler des charges lourdes et réaliser des tâches nécessitant une portée étendue. Il sera notamment capable de déplacer de gros modules, d’assembler des structures complexes et de repositionner des équipements à différents endroits de la station. Il pourra également effectuer des réparations et des maintenances sur des zones difficiles d’accès.

Le bras secondaire est basé sur la technologie de Dextre, un outil robotique déjà utilisé sur l’ISS pour des travaux de précision. Ce bras plus petit sera doté de multiples articulations lui permettant de se déplacer avec une grande flexibilité et précision. Il sera utilisé pour des tâches délicates telles que la manipulation de petits outils, la connexion de câbles et la réalisation de réparations minutieuses. Sa capacité à effectuer des mouvements fins et précis le rendra indispensable pour des opérations où la dextérité humaine serait normalement requise.

Notez que l’astronaute Jeremy Hansen sera le premier Canadien à voler autour de la Lune en 2025 dans le cadre de la mission Artemis 2. Cette opportunité découle directement de la contribution canadienne au développement du Canadarm3.

Canadarm3 gateway bras robotique
Canadarm2 lors d’une sortie dans l’espace de la NASA à bord de la Station spatiale internationale. Crédits : NASA TV

Une structure modulaire

Comme dit précédemment, ce fameux bras robotique doit donc intégrer la station spatiale Gateway. Prévue pour jouer un rôle central dans le programme Artemis, Gateway servira de plate-forme de recherche et de point de relais pour les missions lunaires habitées.

Dans le détail, cette station sera modulaire, composée de plusieurs éléments lancés et assemblés à intervalles réguliers. Les principaux modules incluent le Power and Propulsion Element (PPE). Ce dernier fournira l’énergie et la propulsion nécessaires pour maintenir la station en orbite lunaire. L’Habitation and Logistics Outpost (HALO) servira de son côté de logement pour les astronautes, avec des espaces de vie et des équipements de recherche. Il sera également équipé de ports d’amarrage pour les vaisseaux spatiaux visiteurs.

Construit par l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence spatiale japonaise (JAXA), l’International Habitation Module (I-HAB) fournira quant à lui un espace supplémentaire pour les astronautes et les expériences scientifiques. Enfin, le Logistics Module sera utilisé pour le stockage de fournitures et de matériel.

Un pont vers l’exploration lunaire et au-delà

Pour opérer, la station sera placée en orbite cislunaire, également connue sous le nom d’orbite NRHO (Near Rectilinear Halo Orbit). Cette orbite unique permet un accès facile à la surface lunaire, particulièrement au pôle sud de la Lune, qui est riche en ressources telles que la glace d’eau. De plus, l’orbite NRHO offre une bonne communication avec la Terre et la possibilité de fonctionner comme une base de départ pour des missions vers Mars et d’autres destinations lointaines.

Notez qu’en plus de son rôle central dans le programme Artemis, Gateway pourrait servir de modèle pour des stations spatiales futures autour de Mars ou d’autres corps célestes. En établissant une infrastructure permanente en orbite lunaire, la Gateway pave ainsi la voie pour des missions plus ambitieuses, contribuant à notre compréhension de l’espace et à la réalisation du rêve de l’exploration interplanétaire.