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La calotte glaciaire du Groenland s’est formée il y a 30 millions d’années

Crédits : Wikimedia Commons/Algkalv

Une équipe de chercheurs confirme l’apparition de la calotte glaciaire du Groenland autour de 30 millions d’années, coïncidant avec une phase de refroidissement très marquée du climat à la transition Eocène-Oligocène.

Tandis que le Groenland fait couler de l’encre, la faute à une hausse des températures inquiétante, des chercheurs s’attellent à dater l’apparition et l’évolution de la calotte glaciaire au Groenland. Une étude nécessaire pour comprendre le changement climatique opéré au Cénozoïque – débutant il y a 65 millions d’années, après l’extinction du Crétacé – et son impact sur la topographie.

Nous savons qu’un refroidissement majeur du climat s’est opéré sur Terre au cours des 50 derniers millions d’années, entraînant une chute brutale des températures sur Terre (une dizaine de degrés). C’est ainsi que sont apparues les vastes étendues de glace qui fondent aujourd’hui à vue d’oeil. Mais tous les glaciers et calottes ne se sont pas formés en même temps. Si par exemple, de nombreux indices géologiques et géochimiques permettent de dater la formation de la calotte antarctique, il y a 34 millions d’années, celle du Groenland demeurait encore sujette à débat.

L’une des principales conséquences du développement des glaciers ou des calottes glaciaires est le profond changement du paysage et la formation, entre autres, de fjords. L’Est du Groenland en est d’ailleurs parsemé. Creusées par érosion glaciaire en bordure de calotte, ces vallées trahissent donc la présence de glace par le passé, et dater la formation des fjords de l’Est du Groenland revient à dater la présence de la calotte glaciaire.

Après avoir prélevé des échantillons de roches sur les parois de 16 fjords situés dans l’Est du Groenland, une équipe de chercheurs du laboratoire des géosciences, à Rennes, en collaboration avec des chercheurs anglais, ont ensuite été analysés les échantillons par thermochronologie. Ils ont alors pu en déduire la vitesse à laquelle les roches se sont refroidies lorsqu’elles sont remontées à la surface de la Terre, en réponse aux processus d’érosion et, par conséquent, d’estimer la vitesse de cette érosion.

Les résultats obtenus indiquent une accélération marquée de l’érosion autour de 30 millions d’années. Une accélération de l’érosion qui coïncide avec une phase de refroidissement rapide du climat à la transition Eocène-Oligocène, il y a environ 34 millions d’années, notamment marquées par l’extinction à grande échelle de nombreuses espèces végétales et animales, un renouvellement important des faunes de mammifères.

Source : CNRS-INSU