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Ça y est, le monde est de retour à l’avant-Covid-19 pour les émissions de GES

Crédits : PxHere

Dès le printemps 2020, le monde a connu une baisse drastique des activités humaines. Ceci avait entraîné une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Malheureusement, ces mêmes émissions sont revenues à la normale dès la fin de l’année.

L’inexorable retour à la normale

Selon une publication de l’Agence internationale de l’énergie (IEA) du 2 mars 2021, les émissions mondiales de GES de décembre 2020 avaient légèrement dépassé celles de décembre 2019 (+2 %). Selon l’IEA, ce rebond était néanmoins déjà visible durant l’automne. L’écart entre novembre 2019 et novembre 2020 était de -4 % seulement, alors que celui entre avril 2019 et avril 2020 était de -14,5 % ! De plus, il semble bien que ce rebond ait débuté dès l’été avec un écart de -6 % avec l’année précédente.

Malgré ce rebond de fin d’année, le bilan général de 2020 affichera bel et bien une baisse. Dans un tweet du 1er mars, le chercheur Robbie Andrew du Global Carbon Project annonçait une réduction de 4,9 % en moyenne des émissions de GES sur l’année entière (voir document ci-après). Désormais, l’attention se porte sur 2021 alors que la situation sanitaire est encore loin d’être résolue. Il faut dire que l’économie de plusieurs pays tourne encore au ralenti.

graphique pollution GES mondial
Crédits : Robbie Andrew / Twitter

L’heure n’est pas à l’optimisme

Le rebond ayant débuté durant l’été 2020 est lié à un pays en particulier : la Chine. En effet, il s’agit du seul pays du monde dont la moyenne des émissions de GES a augmenté sur l’année 2020 (+0,8%). En mai, nous avions évoqué l’explosion des niveaux de pollution après le confinement. Toutefois, certains pays tels que le Brésil avaient également repassé la première durant l’automne et contribué au rebond.

Ces chiffres montrent à quel point il va être difficile de corriger la crise du climat. Une étude publiée dans Nature Climate Change le 3 mars a évalué les efforts que l’humanité devra faire. Selon ces travaux, il faudra l’équivalent de la baisse obtenue grâce aux confinements une fois tous les deux ans pour espérer ne pas dépasser les 2°C d’augmentation de température à l’échelle du globe.

Les chercheurs mettent toutefois en avant un élément positif : avant la crise du coronavirus, plusieurs pays développés avaient déjà commencé à réduire leurs émissions de GES. Pour certains, il s’agissait cependant de réduire le taux d’augmentation de leurs émissions. En revanche, nous sommes encore très loin du niveau nécessaire, bien que le coup d’arrêt en lien avec la crise sanitaire soit une occasion idéale de repartir sur de meilleures bases. L’optimisme n’est toutefois pas encore de mise. La société Vivid Economics a récemment publié son Greenness of Stimulus Index, dans lequel nous retrouvons une évaluation sommaire des plans gouvernementaux. Selon ce document, seulement 12 % des dépenses des états concerneraient des projets en lien avec l’écologie.