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Pourquoi la bronchiolite ne touche-t-elle que les nourrissons ?

Crédits : iStock

Des travaux récents menés par une équipe de chercheurs français et chinois ont permis la découverte d’un nouveau groupe de cellules immunitaires de type lymphocytes B présents uniquement chez les nourrissons et constituant la cible privilégiée du virus de la bronchiolite.

La bronchiolite est une infection des voies respiratoires basses qui affecte majoritairement les nouveau-nés d’autant plus sévèrement qu’ils sont jeunes. Dans la revue Immunity, des chercheurs de l’Institut Pasteur de Paris et de Shanghai, de l’hôpital Bicêtre AP-HP, de l’Université Paris-Sud et du CNRS publient leurs travaux et leur découverte qui ouvrent des perspectives diagnostiques et thérapeutiques nouvelles dans la prise en charge de la bronchiolite aiguë du nourrisson.

Cette infection due au virus respiratoire syncytial (VRS) constitue la première cause de consultation et d’hospitalisation dans les services de pédiatrie et en réanimation pédiatrique durant la période hivernale. Pour l’heure, il n’existe aucun vaccin ni traitement contre cette infection et chaque année, en France, près de 500 000 nourrissons de moins de 2 ans contractent une bronchiolite.

Cette équipe sino-française de chercheurs est parvenue à identifier une population de lymphocytes B jamais décrite auparavant et présente uniquement chez les très jeunes enfants (moins d’un an) que le virus VRS infecte préférentiellement. Comme l’explique le communiqué publié par le CNRS, les lymphocytes B sont des cellules du système immunitaire. Ils jouent en général un rôle protecteur contre les infections en produisant des anticorps capables de neutraliser des agents pathogènes qui attaquent l’organisme.

« Mais les lymphocytes B découverts par les scientifiques ont eux, en revanche, des propriétés régulatrices, qui tendent à réduire l’inflammation et la réponse immunitaire contre le virus. En infectant chez les nourrissons ces lymphocytes B particuliers baptisés nBreg — pour “lymphocytes B régulateurs néonataux –, le VRS les active et limite ainsi son élimination, ce qui explique la sévérité accrue de la maladie » ; peut-on lire dans le communiqué.

« Notre travail explique les raisons sous-jacentes, longtemps méconnues, de la susceptibilité des nourrissons à la bronchiolite », commente Richard Lo-Man de l’Institut Pasteur. L’identification de ces nouveaux lymphocytes nBreg comme biomarqueurs pronostiques de la sévérité de la maladie devrait « permettre de détecter à la naissance les terrains à risque, et d’aider le corps médical à développer des traitements plus adaptés ».