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Brise-glaces nucléaires et ambitions russes dans l’Arctique

Crédits : capture YouTube / Ruptly

La Russie détient le plus imposant et le plus puissant des brise-glaces du monde. L’Arktika est un brise-glace à propulsion nucléaire définitivement entré en service il y a à peine quelques mois. Cet énorme bâtiment permet à ce pays d’afficher clairement ses ambitions économiques et stratégiques dans le cercle polaire Arctique.

Un monstre dans l’Arctique

Le constructeur Rosatomflot n’a pas lésiné sur les moyens pour bâtir l’Arktika. D’une longueur de 173 m pour 112 m de large, le navire déplace 33 500 tonnes d’eau ! Propulsé par des réacteurs nucléaires RITM-200 délivrant une puissance totale de 175 mégawatts, l’Arktika est tout simplement le plus gros et le plus puissant des brise-glaces du monde selon le fabricant.

Comme l’explique Popular Mechanics dans un article du 24 septembre 2020, les brise-glaces sont vitaux pour une partie de la population russe. En effet, deux millions de citoyens vivent près du cercle polaire Arctique et leur ravitaillement pour l’année dépend entièrement de la circulation de ce genre de navires. Véritable guerrier des glaces, l’Arktika est capable de braver une couche de glace d’environ trois mètres d’épaisseur.

brise glaces Arktika
Crédits : capture YouTube / Ruptly

La Russie veut contrôler le passage du Nord-Est

L’Arktika fera partie d’une véritable flotte de brise-glaces dernière génération dans un avenir proche. Deux navires jumeaux – l’Ural et le Sibr – sont actuellement en construction. À terme, la flotte comptera pas moins de 13 navires de ce type. Or, cette flotte est la base d’une nouvelle route maritime, à savoir le passage du Nord-Est. En 2018, le réchauffement climatique avait déjà permis à un porte-conteneurs de traverser ces eaux plus facilement. Au passage, rappelons que le détroit de Bering est large de seulement 83 km.

Or, le fait est que ce mini canal de Suez pourrait redistribuer les cartes du transport maritime mondial. Effectivement, les navires empruntant cette route pourraient économiser près de 40 jours de trajet. Ainsi, la Russie ambitionne de contrôler cette région. Les compagnies de transport maritime devront évidemment payer des sommes importantes pour passer. Pour la Russie, les retombées économiques seront tout simplement faramineuses.

Il faut également savoir que le passage Nord-Est présente un intérêt allant au-delà des attentes en matière d’économie. Effectivement, l’intérêt est également géostratégique. La flotte de brise-glaces nucléaires facilitera le déplacement de troupes et de matériel militaire dans le cercle polaire Arctique. De plus, la fonte des glaces pourrait révéler de nouveaux gisements d’hydrocarbures du côté étasunien et canadien. Ceci pourrait également devenir un moyen de pression pour la Russie.