Le bouclier thermique d’Orion pourra-t-il protéger l’équipage d’Artemis 2 ?

Bouclier thermique Orion Artemis 2
Le vaisseau spatial Orion de la NASA pour la mission Artemis 1 après son amerrissage dans l'océan Pacifique le 11 décembre 2022. Crédits : NASA/James M. Blair

Le programme lunaire de la NASA, qui vise à remettre des bottes humaines sur la surface lunaire, est confronté à des obstacles majeurs avant de pouvoir atteindre cet objectif ambitieux. Un rapport récent de l’Office de l’inspecteur général (OIG) de l’agence met en effet en lumière les défis critiques auxquels la NASA est confrontée pour sa mission lunaire Artemis 2, actuellement prévue pour la fin de l’année 2025, notamment concernant le boucler thermique du vaisseau.

Un bouclier qui s’effrite

Le bouclier thermique est une composante critique des vaisseaux spatiaux conçus pour revenir sur Terre depuis l’espace. Pendant la rentrée, le vaisseau spatial traverse en effet l’atmosphère à une vitesse très élevée, ce qui crée une énorme quantité de chaleur due à la friction entre l’air et la surface du vaisseau. Le bouclier thermique est conçu pour résister à cette chaleur intense en l’absorbant et en la dissipant tout en protégeant la structure du vaisseau et son équipage.

Or, pendant le vol d’essai Artemis 1 du vaisseau spatial Orion, plusieurs anomalies ont été observées au niveau du bouclier thermique. Un rapport de l’inspecteur général de la NASA (un bureau indépendant chargé d’enquêter sur les fraudes, le gaspillage et la mauvaise gestion impliquant les programmes de la NASA) révèle en effet que plus d’une centaine de zones du bouclier se sont usées plus que prévu pendant la rentrée dans l’atmosphère terrestre. Des images de la mission ont également révélé du matériau carbonisé se détachant pendant le processus, ce qui constitue un problème sérieux. Une intégrité structurelle du vaisseau compromise peut effectivement mettre en danger la sécurité de l’équipage.

Orion Artemis Lune
Crédit : NASA

La NASA sous pression

La NASA a rapidement réagi à ces problèmes en apportant des modifications au bouclier thermique pour atténuer le problème de carbonisation. De plus, des ajustements sont apportés à la façon dont la capsule de l’équipage est boulonnée au module de service du vaisseau spatial pour éviter toute fusion indésirable, comme observé également pendant Artemis 1.

Outre les problèmes liés au bouclier thermique, le rapport du BIG cite également des anomalies dans le système électrique d’Orion, qui affectent la distribution d’énergie dans tout le vaisseau spatial. Là encore, la NASA, qui attribue ces anomalies aux radiations, développe des solutions de contournement opérationnelles pour y remédier. D’autres problèmes, tels qu’une perte de communication de 4,5 heures avec l’une des installations du Deep Space Network de la NASA et des dommages inattendus au lanceur mobile Artemis 1 lors du lancement, contribuent également aux défis auxquels est confrontée l’agence.

Ces problèmes ont conduit à des retards dans le programme Artemis. La mission Artemis 2 est maintenant prévue pour septembre 2025, soit avec un an de retard par rapport à sa date de lancement initiale de novembre 2024. Cela signifie que les astronautes de la NASA ne retourneront probablement pas sur la surface lunaire avant septembre 2026 avec Artemis 3.

La NASA est ainsi confrontée à une pression croissante pour résoudre ces problèmes critiques tout en respectant les délais du programme Artemis. Cependant, les défis techniques et opérationnels auxquels l’agence est confrontée soulignent la complexité de la mission lunaire et la nécessité d’une approche minutieuse pour garantir la sécurité et le succès des missions futures. Malgré ces défis, la NASA reste déterminée à assurer la sécurité du vol Artemis 2 l’année prochaine et des futures missions.