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Bonne nuit Philae

Crédits : ESA

L’atterrisseur de l’Agence spatiale européenne s’est endormi samedi, après avoir vidé ses batteries. Tous ses instruments ont fonctionné, et les données qu’il a renvoyées sont en train d’être analysées par les astronomes.

La mission a été un succès et les objectifs initiaux de Philae sont remplis. Les 10 instruments ont fonctionné et renvoyé les données ver Rosetta, qui a pu les relayer vers la Terre. Il a effectué toutes les mesures initialement prévues, dont un forage dans le sol de la comète, pour en savoir plus sur sa composition. Si les données ont bien été reçues, il va falloir attendre que les scientifiques en charge des instruments analysent la masse de données. Les premières images révèlent toutefois que la comète semble avoir un sol dur, et un noyau d’un seul tenant, recouvert de débris de tailles variés. Reste à connaitre sa composition, et c’est ce que le forage effectué vendredi dernier va nous apprendre, si le robot a réussi à attraper un morceau de sol, ce qui n’est pas encore certain.

À présent, ses batteries sont vides, et aucun contact n’a pu être établi depuis le 15 novembre. Son atterrissage houleux de la semaine dernière l’a placé à l’ombre d’une falaise, où il n’y a pas assez de lumière pour que ses panneaux solaires rechargent ses batteries. Il s’est donc mis en veille, et ne tentera de recontacter Rosetta — actuellement en orbite autour de la comète Tchouri — qu’une fois ses batteries de nouveau à pleine charge. Vu le courant que les panneaux fournissent actuellement, cela pourrait prendre des mois et l’Agence Spatiale Européenne n’attend pas de contact dans un futur proche. Pendant ce long sommeil, Rosetta, qui reste en orbite autour de Tchouri, et garde une oreille, ou plus exactement une antenne en direction de Philae continuera sa mission, observant la comète pour déterminer sa composition chimique et sa structure interne.

Philae, pour maximiser ses chances de réveil, a tourné de 35°, et s’est soulevé de 4 centimètres juste avant de s’endormir. Cette manœuvre devrait lui permettre de capter un peu plus de lumière, et de se recharger un peu moins lentement. On peut espérer un réveil avant que Tchouri ne passe au plus près du Soleil, ce qui représente une opportunité inégalée de renifler les gaz et les particules qui forment les queues des comètes.

– Illustration prise par Philae sur la comète / ESA