Blue Origin va probablement racheter United Launch Alliance

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Une vue rapporchée du lancement de Perseverance par une fusée Atlas V de United Launch Alliance (ULA). Crédits : NASA/Joel Kowsky

United Launch Alliance (ULA), autrefois dominante dans l’industrie américaine des lancements, est désormais en concurrence difficile avec SpaceX, au point que Lockheed Martin et Boeing, les propriétaires d’ULA, envisagent de vendre l’entreprise, avec Blue Origin comme acheteur potentiel. Cette fusion pourrait créer une concurrence renforcée pour SpaceX, exploitant les avantages de l’expérience et des infrastructures de ULA pour soutenir les ambitions de Blue Origin, notamment dans le développement de la fusée New Glenn et des projets spatiaux à long terme.

Une énorme fusion à venir

Il y a environ vingt-cinq ans, Lockheed et Boeing, leaders de l’aérospatiale américaine, dominaient les lancements pour l’armée et la NASA, mais éprouvaient des difficultés dans le secteur émergent des lancements commerciaux de satellites. Face à des concurrents étrangers, ils ont fusionné leurs activités de construction de fusées pour former United Launch Alliance (ULA) en 2005.

Toutefois, ULA a perdu sa position face à SpaceX au cours de ces dernières années, ne réalisant notamment que trois lancements en 2023 par rapport aux 98 de son concurrent. La situation de l’entreprise n’est donc pas au beau fixe, et malgré le récent lancement de leur nouvelle fusée Vulcan, Lockheed Martin et Boeing envisagent depuis plusieurs mois de vendre la société à des acheteurs potentiels.

Un nouveau propriétaire pourrait alors revitaliser ULA qui, au fil des décennies, a principalement généré des bénéfices sans investir de manière significative.

Ce nouvel acheteur potentiel serait Blue Origin. Lockheed Martin et Boeing n’ont pas encore commenté publiquement la vente de l’entreprise. Cependant, il semblerait que la transaction soit imminente.

Selon Ars, toujours bien informé, de hauts fonctionnaires de l’entreprise seraient en effet actuellement à la recherche de nouveaux emplois, tandis que Jeff Bezos, propriétaire de Blue Origin, est en train de vendre des actions Amazon.

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Illustration d’une fusée Vulcan Centaur. Crédits : United Launch Alliance

Quelles conséquences ?

Naturellement, une telle fusion pourrait créer une concurrence plus forte pour SpaceX. Bien que la fusée Vulcan et la grande fusée de Blue Origin, New Glenn, seront toutes deux en compétition pour les contrats de lancement gouvernementaux, des synergies potentielles pourraient émerger.

United Launch Alliance (ULA) détient en effet des rampes de lancement opérationnelles à la station spatiale de Cap Canaveral en Floride et à la base spatiale de Vandenberg en Californie, accompagnées de vastes installations d’intégration sur ces deux sites. L’entreprise bénéficie également d’une équipe de lancement chevronnée qui a à son actif de nombreux de succès, ce qui pourrait être un atout pour Blue Origin dans ses efforts pour lancer la fusée New Glenn plus tard cette année.

Par ailleurs, ULA a développé une expertise dans le stockage de combustibles cryogéniques dans l’espace, démontrée par le programme de l’étage supérieur innovant appelé ACES (Advanced Cryogenic Evolved Stage).

Bien que ce programme ait été interrompu par les copropriétaires d’ULA, il était conçu pour être réutilisable et alimenté par de l’oxygène et de l’hydrogène liquides. Ces compétences pourraient donc être précieuses pour Blue Origin, notamment dans le cadre de ses ambitions pour développer un atterrisseur lunaire et un vaisseau spatial remorqueur qui nécessitent le stockage prolongé de ces propulseurs dans l’espace.