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Tout porte à croire que Blue Origin enverra aussi des humains sur la Lune

Crédits : Blue origin

Le Sénat américain vient d’adopter un projet de loi permettant, entre autres, le déblocage de dix milliards de dollars pour le développement d’atterrisseurs lunaires privés avec équipage pour la NASA. Blue Origin, la société de Jeff Bezos, pourrait être celle qui profitera de ce nouveau coup de pouce budgétaire.

Précédemment, dans le programme Artemis…

En avril, la NASA avait surpris son monde en attribuant à SpaceX – et uniquement à SpaceX – un contrat s’élevant à 2,9 milliards de dollars pour transformer son véhicule Starship en atterrisseur Artemis. L’agence avait jeté son dévolu sur ce vaisseau, et non sur les structures proposées par Dynetics et Blue Origin, arguant que l’argent alloué par le Congrès à ce jour ne suffisait à soutenir le développement que d’un seul atterrisseur, entre autres raisons.

La décision n’était évidemment pas passée auprès des deux concurrents, qui ont rapidement déposé des protestations auprès du US Government Accountability Office, soulignant que la NASA aurait dû attribuer au moins deux contrats, comme elle l’avait prévu, pour maintenir le principe de concurrence dans ce programme.

C’est là qu’intervient ce fameux amendement, entassé dans un projet de loi sur la science et la technologie visant principalement à contrer la concurrence de la Chine dans le secteur.

Proposé au départ par la société spatiale de Jeff Bezos, Blue Origin, et ajouté par la sénatrice Maria Cantwell (État de Washington), celui-ci permettrait en effet à la NASA de dépenser jusqu’à dix milliards de dollars pour son programme d’atterrisseurs lunaires habités.

L’amendement invoque également la nécessité pour la l’agence spatiale d’avoir plusieurs options d’atterrisseur Artemis. Naturellement, il ne précise pas que l’un d’eux doit obligatoirement être construit par l’équipe de Blue Origin, mais le fait que cet amendement ait été proposé au départ par Jeff Bezos et le fait que Cantwell représente l’État d’origine de la société laissent effectivement à penser que Blue Origin profitera bel et bien de cette rallonge budgétaire.

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L’atterrisseur Blue Moon, proposé par Blur Origin. Crédits : Blue Origin

Un programme encore incertain

Pour l’heure, rien n’est encore gravé dans le marbre. Adoptée par le Sénat par 68 voix contre 32, cette loi sur l’innovation et la concurrence devra encore être approuvée par la Chambre des représentants américaine. Et les enjeux sont importants.

En effet, si la Chambre soutient les arguments de Blue Origin, cela pourrait réinitialiser l’ensemble de la compétition pour les atterrisseurs lunaires et retarder l’objectif de la NASA de ramener des humains sur la Lune dès 2024. De leur côté, les avocats et les lobbyistes de la société de Bezos soutiennent que la NASA pourrait simplement exercer sa capacité à prendre une “mesure corrective” et choisir un second entrepreneur aux côtés de SpaceX.

Toutefois, il apparaît peu probable que la NASA choisisse de se tourner vers une action corrective, souligne The Verge. L’agence avait en effet défendu farouchement sa décision de n’attribuer qu’un seul contrat suite à la protestation de Blue Origin à la fin du mois dernier. Le personnel de l’agence impliqué craint notamment que ce renversement ne crée un mauvais précédent.

Enfin, il est également possible que la Chambre de représentants rejette ce projet de loi. Auquel cas, le programme se déroulerait alors comme prévu, permettant finalement à SpaceX de développer son Starship lunaire.