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En Espagne, un blaireau affamé déterre un trésor de l’époque romaine

Crédits : kallerna/Wikipédia

Une cache de plus de deux-cents pièces de monnaie de l’époque romaine a été découverte il y a quelques mois dans le nord-ouest de l’Espagne. Pour les archéologues, ce trésor aurait été mis au jour grâce aux efforts d’un blaireau à la recherche de nourriture.

L’hiver 2021 fut particulièrement rigoureux en Espagne. La tempête Filomena avait en effet recouvert de neige une grande partie du pays, entravant les efforts de recherche de nourriture nombreux animaux, dont les blaireaux. Un jour, l’un d’eux sortit de son terrier à l’intérieur de la grotte de La Cuesta, au nord du pays, pour creuser dans une petite fissure ouverte à côté de son abri. À l’intérieur, il ne trouva rien à se mettre sous la dent, mis à part plusieurs dizaines de pièces métalliques qu’il abandonna avant de rentrer se mettre au chaud. Quelques jours plus tard, Roberto García, un habitant de la région, et deux archéologues visitant la grotte tombèrent finalement sur le butin.

On ignore évidemment si cette scène s’est véritablement déroulée ainsi, mais les chercheurs penchent effectivement pour cette hypothèse.

Un trésor de 209 pièces

Entamées le 5 avril dernier avec le soutien du ministère de la Culture de la Principauté des Asturies, les fouilles ont finalement révélé un total de 209 pièces du IIIe au Ve siècle (une pièce frappée à l’époque de Valentinien III, en l’an 430). La plupart proviennent du nord et de l’est de la Méditerranée. D’après les chercheurs, le butin aurait probablement été caché dans la grotte dans un contexte d’instabilité politique probablement lié à l’invasion imminente du peuple germanique des Suébiens. Ces derniers ont d’ailleurs effectivement envahi la péninsule en 409 depuis les eaux gelées du Rhin.

Trois archéologues opèrent des fouilles à l’endroit où a été découvert le trésor. Crédits : ministère de a culture de la principauté des Asturies.

Toutes ces pièces proviennent des ateliers monétaires d’Antioche, de Constantinople, de Thessalonique, d’Arles, de Lyon, de Rome ou de l’Adriatique. Tout ce qui a été fouillé est actuellement soumis à un processus de nettoyage au Musée Archéologique des Asturies. L’ensemble exhumé par le blaireau est très usé, excepté les pièces de productions orientales, de plus haute qualité, et exceptionnellement l’une des trois follis trouvées (des pièces de la Rome antique introduites vers 294 par l’Empereur Dioclétien).

Le rapport ajoute que le dépôt de pièces récupérées n’est cependant qu’une petite partie d’un ensemble monétaire beaucoup plus grand, désormais manquant. Les chercheurs décrivent malgré tout une « trouvaille exceptionnelle » ayant un « intérêt archéologique incontestable« . Les détails de cette étude sont décrits dans le Journal de préhistoire et d’archéologie, publié le mois dernier par l’Université autonome de Madrid.