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Biomimétisme : c’est quoi ? Ce domaine changera notre vie dans les années à venir !

Crédits : Peter Heeling / wikimedia

« Scrute la nature, c’est là qu’est ton futur » disait Léonard de Vinci. Plusieurs siècles après, le biomimétisme est de plus en plus connu et étudié. Ce long parcours du biomimétisme a débuté dans la mythologie grecque. Par exemple avec le mythe d’Icare, qui tente de s’envoler le plus haut possible avec des ailes inspirées de celles des oiseaux. Cette discipline a connu un essor important depuis 1997 avec la sortie du livre Biomimétisme : quand la nature inspire des innovations durables de Janine Benyus. En France, Idriss Aberkane est connu pour en être un grand promoteur.

Brève définition du biomimétisme

D’après le Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis (CEEBIOS), le biomimétisme peut se définir comme une discipline qui s’inspire du vivant et des innovations qu’on y trouve. Celles-ci ont été éprouvées durant les 3,8 milliards d’années d’évolution, afin de pouvoir élaborer de nouvelles solutions et inventions dans les secteurs industriel, économique, et environnemental.

Les grandes leçons à retenir de la nature  selon Janine Benyus

Jeanine Benyus indique dans son livre l’intérêt de s’inspirer du vivant. En effet, la source d’énergie principale qu’utilise la nature est l’énergie solaire. De plus, elle n’utilise que le strict nécessaire, sans surplus. Tout est recyclé et utilisé, les déchets n’existent pas. La richesse des écosystèmes se trouve dans la biodiversité, avec des évolutions conjointes, des adaptations évolutives qui poussent la nature à toujours innover. Elle insiste sur la capacité de l’écosystème à produire des biomatériaux à partir de substances chimiques les plus communes, et avec une complexité et une solidité extrêmement difficile à reproduire avec nos technologies de pointe. Ainsi, le biomimétisme permet d’approcher la nature  de manière respectueuse.

Tout au long de son livre, Janine Benyus invite le lecteur à observer et apprendre de la nature, afin de pouvoir l’imiter.

Quelques inventions et applications nées de l’observation de la nature

Le velcro

L’exemple d’invention biomimétique le plus célèbre est sans doute l’attache velcro, que l’on connait aussi sous le nom de « Scratch ». En effet, ce type d’attache s’inspire de la fleur de bardane, ces petites boules piquantes qui s’accrochent à nos habits ou aux poils de nos animaux.

fleur de bardane biomimétisme
Fleur de bardane qui a inspiré le velcro.
Crédits : setita/Pixabay

Le train japonais shinkansen

Le bec du Martin-Pêcheur a inspiré le design du shinkansen, train japonais connu pour ses grandes performances de vitesse. Au départ, ce dernier rencontrait de nombreux problèmes. En effet, le Japon – qui est un pays montagneux – possède des tunnels pour permettre le passage du train. Mais, le souci est que lorsque ces trains vont à une grande vitesse, ils déplacent beaucoup d’air. De fait lorsqu’ils traversent un tunnel, tout cet air se retrouve comprimé à l’intérieur. Cela provoque une sorte d’explosion sonore qui dérange les habitations aux alentours.

Un ingénieur a donc décidé de s’inspirer du Martin-Pêcheur, car ce dernier peut changer de milieu (air à eau) avec des densités différentes et en produisant un minimum de remous. Tout naturellement, l’avant des trains japonais a pris la forme des becs du Martin-Pêcheur. Résultats : réduction du bruit, absence de maux d’oreilles lors de la traversée d’un tunnel, baisse de la consommation d’énergie de 16 % et augmentation de la vitesse de 10 % !

Le Geckskin

Le gecko est un lézard qui possède une structure faite de millions de petits poils – les setae – sous ses pattes. Ils se lient aux surfaces aisément, sans quelconques adhésif ou ventouse ! Cette structure illustre les liaisons de Van der Walls qui sont de faibles interactions électriques entre deux atomes. Une société a ainsi mis au point une surface artificielle appelée « Geckskin » réutilisable à l’infini. Pour information, 40 cm² de cette surface artificielle placés à la verticale peuvent soutenir jusqu’à 317 kilos !

gecko
Crédits : Autumn, K/Wikipedia

La seringue Nanopass 33

Beaucoup de personnes ont peur des piqûres. Une société japonaise a inventé une seringue quasiment indolore, en s’inspirant simplement de la trompe des moustiques. Ainsi, ils ont créé des aiguilles de seringues à forme conique, et non à forme cylindrique.

L’Eastate Building

Cet immeuble construit en 1996 à Harare, au Zimbabwe, possède un système de ventilation similaire à celui des termitières. En effet, ces dernières utilisent un système de galerie qui permet de faire circuler l’air, et donc de ventiler aisément. Malgré les fortes chaleurs extérieures, la termitière se climatise sans problème. Ainsi, l’architecte Mick Pearce a conçu un immeuble climatisé reproduisant le principe observé dans les termitières. L’Eastate Building consomme ainsi 35 % d’énergie de moins que les autres bâtiments !

Lire aussi : 5 choses que les nanotechnologies envient à la nature

L’enjeu du biomimétisme

Un enjeu majeur du biomimétisme est de permettre à l’Homme d’innover, de créer tout en respectant la nature. Tous les domaines peuvent intégrer le biomimétisme. Prenons par exemple le cas de l’agriculture, avec l’agroécologie, ou encore la permaculture qui reproduit les interactions entre les plantes que l’on peut observer à l’état sauvage. Ce type d’agriculture est déjà expérimenté et montre qu’avec moins de surfaces, on obtient des rendements supérieurs à la monoculture. De plus, cela est applicable par chaque personne, et ne nécessite pas d’avoir un grand jardin.

permaculture
Exemple d’application de la permaculture.
Crédits : Alôsnys/Wikimedia

Il permet ainsi de s’inscrire dans une démarche de développement durable. En effet, d’après le CEEBIOS le biomimétisme peut répondre à 9 des 17 objectifs mondiaux du développement durable définis par l’ONU :

  • Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.
  • Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, le tout à un coût abordable.
  • Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation.
  • Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.
  • Établir des modes de consommation et de production durables.
  • Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.
  • Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines au profit du développement durable.
  • Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon pérenne, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols, et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.
  • Partenariats pour la réalisation des objectifs.

Si le biomimétisme vient à prendre plus d’importance dans nos vies, dans les recherches et  dans les travaux scientifiques, nos modes de vie pourraient être changés dans les années futures !

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Rédigé par Maximilien Llorca