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Biographie : Blaise Pascal (1623-1662), l’inventeur de la première machine à calculer

Crédits : Wikimedia Commons

Mathématicien, physicien, inventeur, et philosophe français du XVIIe siècle, Blaise Pascal est l’inventeur de la première machine à calculer. À son époque, il est également à l’origine de plusieurs inventions, mais surtout de deux nouveaux champs de recherche majeurs : la géométrie projective et la mathématisation du hasard conduisant au calcul des probabilités.

Un mathématicien précoce

Né à Clermont-Ferrand en 1623, Blaise Pascal est issu d’une famille bourgeoise proche de la noblesse de robe. Alors qu’il perd sa mère à l’âge de 3 ans, le jeune Blaise prend très vite goût aux mathématiques et aux sciences grâce à son père Étienne, alors conseiller du roi Louis XIII. À l’âge de 8 ans, Blaise Pascal déménage avec son père et ses deux sœurs à Paris.

Très jeune, Blaise assiste à des séances d’échange entre son père et des savants de renom tels que Marin Mersenne, Girard Desargues, Pierre Gassendi ou encore René Descartes. À 11 ans, le jeune Blaise écrit son premier ouvrage, le Traité des sons (1634). Dans ce traité, il parvient à démontrer la 32e proposition du Ier livre d’Euclide à savoir que la somme des angles d’un triangle est égale à 180°. Ensuite viendra l’Essai sur les coniques (1635), un traité sur les sections coniques duquel découlera le théorème de Pascal (géométrie projective).

La première machine à calculer

La pascaline (ou machine d’arithmétique) est une calculatrice mécanique mise au point par Blaise Pascal entre 1641 et 1642. Il s’agit tout simplement de la première machine à calculer, capable d’effectuer des additions et des soustractions. Fabriquer cette machine avait pour but d’aider son père dans ses travaux, néanmoins une vingtaine de pascalines seront produites. Il s’agira toutefois d’un échec commercial à cause de son prix élevé (100 livres). Quoi qu’il en soit, ce sera la seule machine à calculer opérationnelle du XVIIe siècle. En effet, celle-ci utilisait des pignons lanternes empruntés aux machines de force telles que les moulins à eau et horloges de clocher.

On attribue également à Blaise Pascal l’invention de la première presse hydraulique, basée sur le théorème qui porte son nom. C’est également le cas de la brouette ainsi que du haquet, une sorte de brouette pouvant être attelée d’un cheval.

La pascaline (1642)
Crédits : Wikipedia

Autres contributions aux mathématiques et aux sciences physiques

En 1648, Blaise Pascal termine son traité Génération des sections coniques, en continuité de son premier Essai sur les coniques. Cet ouvrage démontre que l’hexagramme formé par 6 points d’une conique a ses côtés opposés concourants en trois points alignés.

Après 1650, l’intéressé s’attaque au calcul infinitésimal et aux suites de nombres entiers. En découlera le Traité du triangle arithmétique (1654) utilisant le raisonnement par récurrence, qui sera ensuite repris par l’Autrichien Gottfried Wilhelm Leibniz. Il met au point un tableau arithmétique destiné à résoudre le problème des partis, portant sur les jeux de hasard. Il s’agit d’une question discutée depuis le XIVe siècle ayant participé à la naissance d’une théorie mathématique du probable et donc, du calcul des probabilités.

Blaise Pascal réalise également l’expérience des liqueurs ayant prouvé qu’il existait une pression atmosphérique. De ces travaux naîtra le Traité du vide (1651) réduit en deux autres traités : l’Équilibre des liqueurs et la Pesanteur de l’air. Cette volonté de prouver l’existence du vide fera entrer Blaise Pascal en conflit avec de nombreux autres savants.

Il tombera malade en 1659 et sera à l’origine d’une dernière invention en 1662 : les carrosses aux 5 sols, premier système de transport en commun de la capitale. Il décédera la même année, à l’âge de 39 ans seulement.

Philosophie et spiritualité

Ayant reçu une éducation chrétienne durant son enfance, Blaise Pascal s’intéressera dès 1646 au jansénisme. Il s’agit d’une doctrine théologique à l’origine d’un mouvement religieux en réaction à certaines évolutions de l’Église catholique et à l’absolutisme royal.

En 1654, Blaise Pascal connaît une nuit d’extase mystique, caractérisée par une intense vision religieuse. Décrite dans une note brève baptisée Mémorial, cette expérience est selon lui une rencontre avec Dieu. Il renoncera dans la foulée aux plaisirs du monde et aux sciences humaines, qu’il juge désormais vaines face aux sciences divines. L’année suivante, il se retire chez les jansénistes de Port-Royal opposés aux jésuites de la Sorbonne. Blaise Pascal deviendra alors le principal défenseur des jansénistes.

Publiées dès 1656, Les Provinciales sont un ensemble de dix-huit lettres en partie fictives. Celles-ci avaient un but critique à l’encontre de la Compagnie de Jésus (les jésuites). Surtout, ces lettres s’attaquent à la casuistique jugée laxiste. Défendue par certains jésuites, la casuistique est une forme d’argumentation utilisée en théologie morale, en droit, en médecine et en psychologie. Celle-ci consiste à résoudre les problèmes pratiques par une discussion entre des principes généraux (ou des cas similaires) et la considération des particularités du cas étudié.

Après sa mort, une œuvre est publiée : les Pensées (1669). Il s’agit d’un mélange de réflexions et de notes de lecture constituant majoritairement une défense de la religion chrétienne face aux sceptiques et autres libres penseurs.

Citations de Blaise Pascal

« L’homme n’est qu’un roseau le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser. Une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. »

« La vertu d’un homme ne doit pas se mesurer par ses efforts, mais par ce qu’il fait d’ordinaire. »

« On n’apprend pas aux hommes à être honnêtes, on leur apprend tout le reste. »

« Rien ne donne l’assurance que la vérité ; rien ne donne le repos que la recherche sincère de la vérité. »

« Qu’il est difficile de proposer une chose au jugement d’un autre, sans corrompre son jugement par la manière de la lui proposer ! »

« L’art de persuader consiste autant en celui d’agréer qu’en celui de convaincre. »

« Il faut qu’il y ait dans l’éloquence de l’agréable et du réel, mais il faut que cet agréable soit réel. »

« L’imagination dispose de tout ; elle fait la beauté, la justice et le bonheur qui est le tout du monde. »

« Les yeux sont les interprètes du cœur ; mais il n’y a que celui qui y a intérêt qui entend leur langage. »

« L’homme n’est que déguisement, que mensonge et hypocrisie en soi-même et à l’égard des autres. »

Sources : BibmathLe Salon Littéraire

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