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Biodiversité : la mer Méditerranée est menacée de toutes parts

Si à l’échelle globale, la mer Méditerranée représente moins d’1 % de la surface des océans, il s’agit d’une zone où se trouvent de nombreuses richesses en termes de biodiversité. Malheureusement, celles-ci sont menacées de tous les côtés.

Une grande source de biodiversité…

Selon le Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (CAR/ASP), la mer Méditerranée constitue un des réservoirs majeurs de la biodiversité marine et côtière. Cette mer semi-fermée représentant seulement 0,7 % de la surface des océans abrite pourtant 28 % d’espèces endémiques et 7,5 % de la faune, ainsi que 18 % de la flore marine mondiale !

Le 9 juillet 2019, France Inter publiait le podcast d’une émission durant laquelle étaient invités Gilles Boeuf et Olivier Nouaillas. Le premier est océanographe et Président du Conseil scientifique de l’Agence Française pour la Biodiversité. Le second est journaliste auteur de l’article La Méditerranée, une nouvelle morte ? paru dans le hors-série Le Monde/La Vie traitant de l’histoire de cette mer.

La mer Méditerranée représente une richesse de biodiversité menacée par de nombreux dangers
Crédits : Pixabay

… malheureusement très menacée

Selon les intervenants, il apparaît clair qu’il faut arrêter d’enrichir certaines personnes au prix de la destruction de la mer Méditerranée. Effectivement, les dérives sont nombreuses, à commencer par les rejets toxiques de l’industrie et des transports maritimes. L’exemple de l’usine Alteo située dans les Bouches-du-Rhône a été donné. Depuis 120 ans, cette dernière a déversé une quantité astronomique de produits (boues rouges), à savoir 30 millions de tonnes. Parmi ces déchets, nous retrouvons entre autres 60 000 tonnes de chrome, 20 tonnes d’arsenic, 1,9 tonne de titane ainsi que du vanadium, du mercure et de l’aluminium. Cela a pour effet d’empoisonner la faune que nous sommes parfois amenés à ingérer (huîtres, poissons, oursins, etc.).

Citons au passage la surpêche, vidant la mer de ses ressources et favorisant la raréfaction d’espèces telles que le thon rouge. La prolifération d’espèces introduites est également un problème très préoccupant. D’autres inquiétudes sont évoquées, concernant l’urbanisation galopante et le tourisme de masse sur les littoraux. Par ailleurs, les touristes sont environ 300 millions par an en Méditerranée, mais pas moins de 500 millions sont attendus d’ici 2030.

Enfin, citons le plastique, un problème mondial qui n’épargne pas la Méditerranée. On y trouverait pas moins de 1,25 million de fragments de plastique par km² ! Or, il s’agit d’une concentration quatre fois plus élevée que celle du continent de déchets du Pacifique nord.

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