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Qui est Bill Nelson, le nouveau patron de la NASA ?

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Crédits : Tom Williams

Le président américain Joe Biden vient de nommer l’ancien sénateur démocrate Bill Nelson au poste d’administrateur de la NASA. Cet allié de l’administration aura la charge de guider une agence censée renvoyer des humains sur la Lune et renforcer son travail de recherche sur le climat. Mais sa nomination ne fait pas l’unanimité. 

Qui est Bill nelson ?

Le 20 janvier dernier, jour d’investiture de Joe Biden à la tête du pays, Jim Bridenstine a quitté ses fonctions d’administrateur de la NASA, poste qu’il occupait depuis avril 2018. Son mandat aura été court, mais son expérience passée au Congrès s’est tout de même révélée essentielle pour rallier le soutien au programme Artemis. Depuis, son adjoint Steve Jurczyk a pris l’intérim en attendant qu’un nouveau chef soit nommé. Ce nouveau chef, c’est Bill Nelson.

Le Démocrate centriste, âgé de 78 ans, a été élu pour la première fois à la Chambre des représentants de l’État de Floride en 1972, avant d’être réélu en 1974 et 1976. Il est ensuite devenu membre de la Chambre des représentants des États-Unis en 1978 avant d’être réélu tous les deux ans jusqu’en 1988. Puis, en 2000, Nelson est devenu sénateur de Floride, a remporté deux autres mandats avant de finalement perdre sa réélection en 2018 au profit de l’ancien gouverneur, Rick Scott.

Un vol dans l’espace

Nelson a également défendu la NASA tout au long de son parcours politique, se dressant notamment contre l’annulation du programme de la navette spatiale.

En 1986, il est même devenu le deuxième membre du Congrès à voler dans l’espace. Le sénateur a volé à bord de la navette Columbia en tant que spécialiste de la charge utile dans le cadre de la mission STS-61C.

En réalité, tout le monde n’a pas vu ce vol d’un très bon oeil. Dans son livre Riding Rockets, l’ancien astronaute Mike Mullane raconte en effet de manière très colorée les « singeries » de Nelson, qui, selon Mullane, ne cherchait qu’à se faire de la bonne pub.

« Il voulait être un membre d’équipage et faire quelque chose de vraiment important« , écrit Mullane. Il y avait juste un problème. Aucun des chercheurs principaux lors de la mission ne voulait que Nelson se trouve à proximité de leur équipement. « Ils avaient une chance de faire voler leurs expériences, avaient travaillé pendant des mois sur la meilleure façon de les faire fonctionner, et n’avaient aucune envie qu’un politicien vienne tout gâcher au dernier moment« .

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Bill Nelson, astronaute. Crédits : NASA

Des réactions mitigées

Sur le papier, nous avons donc un homme politique très expérimenté, véritable allié de l’administration Biden et, qui plus est, passionné d’espace. Pourtant, son élection à venir ne fait pas l’unanimité.

Le sénateur Marco Rubio, qui était le collègue républicain de Nelson en Floride, a de son côté été ravi d’apprendre la nouvelle. « Je ne peux penser à personne de mieux que Bill Nelson pour diriger la NASA« , a t-il récemment déclaré dans un communiqué. « Sa nomination me donne l’assurance que l’administration Biden comprend enfin l’importance du programme Artemis et la nécessité de gagner la course spatiale du 21e siècle. J’ai hâte de travailler avec lui dans les années à venir« .

D’un autre côté, certains avaient espéré que Biden choisirait une femme pour diriger la NASA, qui n’a été dirigée que par des hommes jusqu’à présent. L’astronaute Pam Melroy et Ellen Stofan, la directrice du National Air and Space Museum, auraient été envisagées pour le poste. Finalement, la première sera désignée adjointe, tandis que la seconde vient d’accepter le poste de sous-secrétaire à la science et à la recherche du Smithsonian.

SpaceX et SLS

Le choix de Biden de faire appel à Nelson a également suscité des réactions mitigées quant à son regard sur la relation NASA-SpaceX qui, pour beaucoup, représente l’avenir du secteur spatial.

L’ancien sénateur se présente en effet comme un fervent soutien du programme Space Launch System (SLS), la fusée la plus puissante de la NASA depuis le programme Apollo Saturn V. L’ancien sénateur aurait d’ailleurs fait beaucoup de lobbying auprès d’un sénateur républicain pour que la NASA continue de construire elle-même cette énorme fusée, plutôt que de passer par des entreprises privées comme SpaceX.

Nelson est également connu pour se méfier d’Elon Musk. Selon un rapport à Ars Technica, il aurait même demandé aux responsables de l’agence de garder « leur boy » sous contrôle.

Or, le développement du SLS a été entaché de nombreux retards et de milliards de dépassements de coûts, tandis que des fusées de construction privée, comme celles de SpaceX, prennent de plus en plus de place dans l’industrie.