C’est ce qui est aujourd’hui presque promis par le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson. Leur vaccin a passé un taux d’efficacité de plus de 50 % chez des primates et va pouvoir commencer un essai en phase I pour tester son innocuité sur 400 volontaires sains aux États-Unis, au Rwanda, en Ouganda, en Afrique du Sud et en Thaïlande.

D’après une étude publiée dans la revue Science le 2 juillet 2015 signée par 34 chercheurs de différents laboratoires, un vaccin capable de bloquer et d’éliminer le Virus à Immunodéficience Humaine aurait été produit et testé avec succès sur des singes.

Un vaccin à effet « double détente »

Le principe de ce vaccin consiste tout d’abord à préparer le système immunitaire avec un adénovirus (un agent pathogène autre que le VIH) relativement inoffensif, puis celui-ci produit une protéine qui va fusionner avec la membrane du VIH : le système bloque simultanément deux sites actifs de la surface des virus de souche VIH-1, VIH-2 et VIS (virus du sida des singes) rendant impossible leur pénétration dans les lymphocytes CD4 du système immunitaire humain, les premières cellules à être infectées par le virus.

Selon les chercheurs, ce système de blocage pourrait être la meilleure stratégie de protection contre une infection par ce virus chez les humains. En effet, lorsque les virus du sida fusionnent avec la membrane des CD4, ils injectent dans ces cellules leur matériel génétique et transformant leur hôte en une usine à VIH. Ceux-ci finissent par infecter toutes les autres cellules du système immunitaire qui est alors détruit. Dès lors, on devient totalement démuni face à la première grippe ou à toute autre maladie opportuniste. En bloquant l’accès à ces lymphocytes, le VIH ne se reproduit pas.

D’après les résultats de l’étude, le vaccin serait actif durant au moins 8 mois, mais pourrait même rester efficace plusieurs années durant grâce un mécanisme de réplication de la protéine bloquante inspiré (comble du sort) par le mode de reproduction du VIH lui-même. En réalité, l’adénovirus a été transformé génétiquement en usine à protéines bloquantes, fonctionnant en continu. Le virus ne peut pas se reproduire et finit par mourir.

Un grand pas vers l’éradication du SIDA

C’est la première fois qu’un grand de la pharmacie finance un essai clinique pour un vaccin contre le sida. Si l’étude de phase I est concluante, elle permettra de démarrer un essai de phase II (efficacité) d’ici un à deux ans.

« Malgré des progrès importants dans les traitements de l’infection par le VIH, ce virus demeure l’une des plus grandes menaces pour la santé publique mondiale, avec des millions de personnes infectées chaque année » a insisté le Dr Paul Stoffels, le responsable scientifique et directeur général de Johnson & Johnson.

La prochaine étape ? « Notre but ultime est de mettre au point un vaccin contre le VIH et nous espérons qu’un jour nous aiderons à éradiquer ce virus » se réjouit Paul Stoffels.

Sources : Science & Vie ; Sciences et Avenir ; Allo-médecins ; les Echos