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Bientôt un simple test urinaire pour détecter le cancer ?

Crédits : iStock

Un test urinaire mis au point par des chercheurs permet la détection du cancer du côlon chez la souris. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature Nanotechnology.

Le nombre de cas de cancer colorectal est en constante augmentation en France, avec environ 42 000 nouveaux diagnostics chaque année. Comme pour beaucoup de maladies, plus ce cancer est détecté tôt, plus les chances de survie sont grandes. Cependant, les approches de dépistage rebutent encore de nombreuses personnes. Certaines infrastructures restent également encore coûteuses. L’idée de mettre au point un moyen de dépistage abordable, accessible et facilement exploitable fait actuellement l’objet de nombreuses recherches. En ce sens, un nouveau pas vient d’être franchi.

Un nouveau test urinaire

Des chercheurs du MIT et de l’Imperial College de Londres expliquent en effet avoir développé un petit test urinaire capable de détecter la présence d’un cancer du côlon. Chez la souris, pour le moment. L’idée consiste à injecter dans le corps des rongeurs des nanocapteurs qui, une fois libérés, vont être “découpés” par des enzymes libérées par des tumeurs appelées protéases. Une fois décomposés, ces capteurs traversent les reins et terminent dans l’urine. Si tel est le cas, la couleur de l’urine vire alors au bleu. En cas de non-présence de tumeurs, les nanocapteurs ne sont pas décomposés et ne peuvent traverser les reins.

Pour cette étude, les chercheurs se sont concentrés sur 28 souris (14 en bonne santé, 14 ayant développé un cancer). L’urine de toutes les souris malades a réagi de la même manière. « En tirant parti de cette réaction chimique qui provoque un changement de couleur, ce test peut être réalisé sans nécessiter d’instruments de laboratoire coûteux et difficiles à utiliser, explique Molly Stevens, co-auteure de l’étude. La lecture simple pourrait potentiellement être capturée par une image de smartphone et transmise à des soignants à distance afin de faire connaître les traitements aux patients ».

L’urine de souris diagnostiquées avec un cancer du côlon vire au bleu. L’urine des souris en bonne santé ne présente aucun changement de couleur. Crédits : Imperial College London

Des motifs d’espoir

Notons par ailleurs que les souris n’ont montré aucun effet secondaire suite à l’injection des nanocapteurs. Même au bout de quatre semaines. Ce n’est ici qu’un début. Les chercheurs prévoient maintenant d’affiner la technique et de la tester sur d’autres animaux afin d’assurer la précision et la sécurité du diagnostic. L’idée serait de pouvoir assurer la détection d’autres formes de cancers. Ensuite seulement, des premiers tests cliniques pourront être envisagés.

Toujours dans l’actualité “intestinale”, rappelons qu’un essai clinique impliquant une douzaine de patients souffrant d’un cancer du côlon visera prochainement à modifier la composition de leurs bactéries intestinales grâce à une greffe de selles. Nous savons en effet que notre flore intestinale, en plus de digérer nos aliments, permet de nous maintenir en bonne santé. Les chercheurs comptent notamment se concentrer sur la bactérie Fusobacterium nucleatum, qui semble plus répandue dans les tissus des patients cancéreux que chez les personnes en bonne santé.

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