De plus en plus de bernard-l’ermite remplacent leurs coquilles par un déchet plastique

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Crédits : Bertrand Godfroid/iStock

Si l’impact de la pollution plastique sur les animaux marins est déjà bien connu, un nouveau comportement parmi les crustacés vient d’être révélé par une équipe de scientifiques polonais : les bernard-l’ermite, ces décapodes dépourvus de carapace, seraient de plus en plus nombreux à élire domicile dans un déchet en plastique.

Le bernard-l’ermite, un crustacé dépourvu de carapace

Le pagure, plus communément appelé bernard-l’hermite (avec ou sans « h »), est un crustacé décapode appartenant à la famille des Paguroidea, regroupant également certaines espèces de crabes comme le crabe de cocotier ou le crabe royal.

Dépourvu de carapace, le petit animal doté de cinq paires de pattes nécessite une protection interne pour protéger son abdomen. La plupart du temps, le bernard-l’ermite s’abrite à l’intérieur d’une coquille d’escargot, voire d’une éponge de mer ou d’un morceau de bambou.

Du fait de la pollution plastique qui ne cesse de frapper les plages et les océans, de plus en plus de pagures utilisent des déchets (capuchons de stylos ou bouchons de bouteille en plastique) pour s’abriter.

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Un bernard-l’ermite terrestre (Coenobita perlatus) – Crédits : Wikimedia Commons

De plus en plus de bernard-l’ermite utilisent des déchets en plastique pour faire office de carapace

Face aux nouveaux comportements des crustacés, une équipe de scientifiques polonais s’est penché sur le sujet, calculant que dix espèces de bernard-l’hermite terrestres (sur seize au total) avaient recours à des déchets en plastique pour faire office de carapace. Les pagures ne seraient d’ailleurs pas les seuls à adopter ce comportement, les poulpes utilisant eux aussi certains débris pour se prémunir d’un danger.

L’impact du plastique sur l’écosystème marin

Le plastique a un impact significatif et bien souvent dévastateur sur les écosystèmes marins du monde entier. Parmi eux :

  • Pollution : les sacs, les bouteilles et autres emballages en plastique à usage unique s’accumulent sur les plages et dans les océans, perturbant les habitats naturels de nombreuses espèces, à la fois marines et terrestres.
  • Destruction des habitats : animaux marins piégés ou étouffés par les déchets plastiques, notamment des résidus de filets de pêche.
  • Ingestion par la faune marine : nombreux sont les animaux marins qui confondent les déchets plastiques avec de la nourriture et les ingèrent accidentellement. En plus de provoquer des blessures, un phénomène de famine, voire la mort par suffocation, ces débris imbibés de produits chimiques toxiques s’accumulent dans la chaîne alimentaire marine, finissant également par atteindre les humains.
  • Altération des écosystèmes : l’accumulation de plastique perturbe les écosystèmes marins en modifiant la disponibilité des ressources et en bloquant la lumière du soleil nécessaire à la photosynthèse.
  • Dégradation chimique : avec le temps, les déchets plastiques se décomposent en microplastiques, fragments de moins de 5 millimètres souvent ingérés par de nombreux organismes marins, y compris le plancton, base de nombreuses chaînes alimentaires.
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Crédits : Ales_Utovko/iStock