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Une étude révèle des « bébés planètes » cannibalisées dans le ventre ​​de Jupiter

Source : Pixabay

Selon une étude, l’intérieur de Jupiter abrite les restes de protoplanètes engloutis alors alors que la future géante était en pleine expansion. Ces résultats proviennent de la première vue claire de la chimie en cours sous l’atmosphère extérieure nuageuse de la planète.

La formation de Jupiter

Si Jupiter se présente aujourd’hui comme une énorme boule de gaz tourbillonnant, elle a commencé sa vie en accrétant des matériaux rocheux comme toutes les autres planètes du Système solaire. Puis, au fur et à mesure que la gravité de la planète attirait de plus en plus de roches, son noyau rocheux est devenu si dense qu’il a commencé à attirer de grandes quantités de gaz. Il s’agissait principalement d’hydrogène et d’hélium, autrement dit, des miettes laissées par le Soleil.

Il existe deux théories concurrentes sur la façon dont Jupiter a réussi à collecter son matériau rocheux initial. L’une propose que Jupiter ait accumulé des milliards de petites roches spatiales semblables à de simples rochers. L’autre propose que le noyau de Jupiter ait été formé à partir de l’absorption de nombreux planétésimaux. Imaginez de grandes roches spatiales s’étendant sur plusieurs kilomètres. Cependant, jusqu’à présent, il n’a pas été possible de dire avec certitude laquelle de ces théories est correcte.

Et pour cause, Jupiter a beau être l’une des planètes les plus emblématiques du Système solaire, les astronomes en savent très peu sur son fonctionnement interne. Nous devons ce manque d’informations aux ​​vortex tourbillonnants dans la haute atmosphère et autres tempêtes agissant comme un filtre au-delà duquel on ne peut aller. Or, ces données sont essentielles pour déterminer la manière dont cette géante s’est formée et a évolué en premier lieu il y a environ 4,5 milliards d’années.

Jupiter tâche rouge
La taille de la Terre comparée à celle de Jupiter. Crédits : PxHere

Une étude fait pencher la balance

Dans le cadre de nouveaux travaux publiés dans la revue Astronomy and Astrophysics, Yamila Miguel et son équipe de l’Université de Leiden (Pays-Bas) ont finalement réussi à percer cette couverture nuageuse obscurcissante. Pour ce faire, ils ont utilisé les données gravitationnelles recueillies par la sonde spatiale Juno. Ces analyses ont permis de cartographier le matériau rocheux retrouvé au cœur de la géante.

Les chercheurs y ont découvert une abondance étonnamment élevée d’éléments lourds. Ces derniers ont un effet gravitationnel plus fort que l’atmosphère gazeuse. L’analyse de ces données a finalement permis à l’équipe de cartographier de légères variations de la gravité, ce qui les a aidés à voir où se trouve le matériau rocheux sur la planète.

D’après les modèles, il y aurait un équivalent de onze à trente masses terrestres d’éléments lourds au sein de la planète (3 à 9 % de sa masse de Jupiter). Pour les auteurs de l’étude, cette composition chimique suggère que Jupiter a bien dévoré des planètes en formation, et non de simples rochers, au début de sa formation. Cet appétit vorace a finalement permis d’alimenter sa croissance expansive.

Cette nouvelle étude étaye donc la deuxième théorie susmentionnée. Si ces bébés planètes n’avaient pas été perturbées, elles auraient potentiellement agi comme des graines à partir desquelles de plus petites planètes rocheuses comme la Terre auraient pu se développer.