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Rare : une chimère nouvellement éclose trouvée par des chercheurs

Crédits : Brit Finucci)

Des biologistes sont récemment tombés sur une chimère nouveau-née près de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande. Il s’agit d’une découverte incroyablement rare. Ces poissons, aussi appelés « requins fantômes », évoluent dans les profondeurs abyssales de l’océan.

Les Chimaeriformes (ou chimères) sont un ordre de poissons cartilagineux vivant dans les abysses. Ces animaux sont étroitement liés aux requins et aux raies. On dénombre une cinquantaine d’espèces et certains spécimens adultes peuvent atteindre les deux mètres de long. À de telles profondeurs, il est naturellement rare d’en croiser. Et il est encore plus rare de tomber sur des juvéniles et a fortiori des nouveau-nés.

Un bébé « fantôme »

Translucide et couronné d’une paire d’yeux noirs géants sur sa tête pointue, ce bébé chimère s’est retrouvé coincé dans le filet d’une équipe de biologistes du NIWA lors d’une enquête de chalutage menée récemment à environ 1 200 mètres au fond du Chatham Rise, une zone de fond océanique à l’est de la Nouvelle-Zélande. Elle s’étend sur environ 1 000 kilomètres de l’île du Sud à l’ouest, aux îles Chatham à l’est. C’est la zone de pêche la plus productive et la plus importante de Nouvelle-Zélande. La campagne visait alors à estimer la population d’un autre poisson local, le hoki.

Selon les chercheurs du NIWA, les embryons de ces « requins fantômes », comme on les appelle également, se développent dans des capsules déposées sur le fond marin. Là, les embryons se nourrissent de jaune jusqu’au moment de l’éclosion. « Vous pouvez dire que cette chimère vient d’éclore parce qu’elle a un ventre plein de jaune d’œuf« , souligne Brit Finucci, un scientifique du NIWA, dans un communiqué. « C’est assez étonnant. La plupart des « requins fantômes » d’eau profonde sont en effet des spécimens adultes connus. Les nouveau-nés sont rarement signalés, nous en savons donc très peu à leur sujet. »

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Un requin fantôme adulte enregistré au large des côtes de la Californie centrale en 2007. Crédits : MBARI
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Exemple de capsules d’œufs de requin fantôme. Crédits : Brit Finucci

Les chercheurs prévoient d’effectuer des tests génétiques sur le spécimen pour tenter de déterminer à quelle espèce il appartient. Les biologistes pourront alors comparer le nouveau-né à un adulte de la même espèce.

« À partir d’espèces mieux étudiées, nous savons que les juvéniles et les adultes peuvent avoir des exigences alimentaires et d’habitat différentes », peut-on lire dans le communiqué. « Les juvéniles semblent également différents des adultes, ayant des motifs de couleur distinctifs. La découverte de ce requin fantôme nous aidera à mieux comprendre la biologie et l’écologie de ce mystérieux groupe de poissons d’eau profonde« .