De nouvelles observations faites par l’observatoire Chandra à rayons X de la NASA révèlent une galaxie rongée de l’intérieur par un trou noir supermassif qui pompe la matière environnante, agissant comme un cœur aux battements réguliers.

Des observations récentes du télescope spatial Hubble révélaient il y a quelques semaines en détail la structure complexe de la galaxie NGC 4696, située à environ 150 millions d’années-lumière dans la Constellation du Centaure, contenant des centaines de galaxies. Enveloppée d’un système de filaments sombres et tourbillonnants, cette galaxie, la plus grande et la plus brillante de sa « grappe », est en fait rongée de l’intérieur par un trou noir supermassif. De nouvelles données renvoyées par l’observatoire Chandra X-ray de la NASA combinées aux observations du Very Large Array télescope et de Hubble nous permettent aujourd’hui d’en apprendre davantage sur cet ogre cosmique agissant comme un cœur qui pompe le sang (la matière) des galaxies environnantes pour en rejeter une partie vers l’extérieur par des artères cosmiques.

Des salves répétées de particules énergétiques dans les jets pulsés par le trou noir ont en effet été décelées au centre de NGC 4696. Les chercheurs menés par Jeremy Sanders, de l’Institut Max Planck en Allemagne, rapportent que ces salves créent de vastes cavités de gaz chauffés à plusieurs millions de degrés qui percent l’espace entre les galaxies à des vitesses proches de celle de la lumière. Ces éclats créent également des ondes de choc semblables à des « bangs » supersoniques produits sur Terre par les avions à de très grandes vitesses. Au total, les chercheurs ont identifié neuf cavités couvrant près de 122 000 années-lumière de distance.

Les chercheurs estiment que ces rafales ont lieu tous les cinq à dix millions d’années et soulignent le fait qu’outre ces échelles de temps très divergentes, ces rythmes diffèrent notamment des battements de cœur humain qui se produisent généralement à intervalles réguliers. Parallèlement, l’énergie produite par le trou noir projette les éléments plus lourds comme l’hydrogène et l’hélium générés dans les explosions de supernova vers l’extérieur de la galaxie. Maintenus à des températures extrêmement élevées, ces éléments lourds ne peuvent alors se refroidir, empêchant ainsi un grand nombre d’étoiles de se former. Visuellement saisissant, NGC 4696 est en fait un système d’étoiles mourant rongé de l’intérieur par son trou noir.

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