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En battant des nageoires, les poissons stimulent la photosynthèse des coraux

Crédits : iStock

En mer Rouge, les battements de nageoires des poissons coralliens permettent d’augmenter le taux de photosynthèse des algues qui vivent à l’intérieur des coraux selon une nouvelle étude. 

Les biologistes savaient déjà que la demoiselle de mer Rouge (Dascyllus marginatus), présente en mer Rouge et dans le golfe d’Oman, vivait en symbiose avec le corail (Stylophora pistillata). Les petits poissons (6 cm de long) se servent en effet des coraux comme abris et en retour, ils éliminent les sédiments de la surface du corail. Mais il s’avère que cette relation gagnant-gagnant va bien au-delà.

Nur Garcia-Herrera et ses collègues de l’Institut Alfred-Wegener en Allemagne ont mesuré les niveaux d’oxygène dans les branches de corail conservées dans des citernes. Certaines contenaient des poissons et d’autres non. Ils ont alors constaté que les taux de photosynthèse étaient plus élevés au cours de la journée dans les réservoirs contenant les poissons. Les chercheurs expliquent cela par les coups de nageoires qui « ventilent » sur les coraux de l’eau contenant des niveaux élevés d’oxygène. La présence Dascyllus marginatus aura permis d’augmenter la photosynthèse de 22 %.

« C’est la première preuve d’effets positifs d’un poisson corallien sur la photosynthèse des coraux », explique la chercheuse. « L’effet est probablement plus faible dans la nature », dit-elle « car les poissons ne consacrent qu’un tiers environ de leur temps dans les récifs coralliens, selon les observations sur le terrain de l’équipe. Dans la Nature, les poissons pourraient stimuler la photosynthèse du corail jusqu’à 6 % », prédit-elle. « De nombreux coraux vivent dans des environnements où les courants sont faibles et la concentration de polluants et les paramètres d’acidification des océans sont élevés. Grâce à la ventilationles poissons permettent aux coraux de faire face à des conditions difficiles ».

En ventilant les coraux, les poissons pourraient ainsi aider à contrer le risque de blanchiment des coraux associé au réchauffement climatique. Malheureusement, les chercheurs ont également constaté que les poissons passaient de moins en moins de temps dans les coraux, les prédateurs à l’extérieur se faisant de plus en plus rares. La surpêche peut donc avoir précédemment négligé les effets secondaires négatifs sur la physiologie des coraux. Ajoutez à cela l’augmentation des températures et la pollution maritime et vous assistez à la mort des coraux. Et ce ne sont pas quelques battements de nageoires qui pourront inverser la tendance.

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Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.