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La banquise antarctique atteint un minimum record

Vue satellite de l'Antarctique à la mi-février 2022. Crédits : EOSDIS Worldview.

Pour la première fois depuis le début des observations satellitaires, l’extension de la banquise antarctique est passée sous les 2 millions de km². Le lien entre ce recul record et le réchauffement climatique n’est toutefois pas aussi trivial qu’on pourrait le penser.

La banquise antarctique atteint son minimum annuel à la fin de l’été austral, c’est-à-dire entre le mois de février et le mois de mars avec une moyenne de 2,80 millions de km² sur la période de référence 1980-2010. Jusqu’à présent, le record de la plus faible extension était détenu par l’année 2017 avec un minimum de 2,17 millions de km² mesuré le 3 mars selon les données du National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

2022 : un minimum d’extension qui se place au premier rang des plus bas jamais observés

Le record de 2017 est désormais battu, avec une extension qui passe pour la première fois sous les 2 millions de km². En effet, depuis le 20 février, toutes les valeurs se situent sous ce seuil symbolique. Le 25, on observait ainsi un nouveau record à 1,924 million de km². Ce dernier pourrait encore être amélioré ces prochains jours même si l’extension ne tardera pas à repartir à la hausse comme le veut la climatologie.

banquise antarctique
Extension de la banquise antarctique au 26 février 2022. La ligne orange marque la moyenne d’extension à cette date pour la période de référence 1981-2010. Crédits : NSIDC.

En dépit de ce nouveau record de faible extension et contrairement à sa cousine arctique, la banquise antarctique ne montre pas de tendance à la baisse. Depuis le début des mesures satellitaires en 1979, on observe même une légère augmentation, en particulier en saison hivernale. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces évolutions différentiées entre pôle nord et pôle sud, dont une que nous avions détaillée dans un article dédié.

Quoi qu’il en soit, l’Arctique et l’Antarctique sont des domaines différents. Alors que le premier consiste en un petit océan entouré de continents, le second se présente comme un continent entouré d’un vaste océan. La physique, la dynamique ainsi que les échelles de temps des deux milieux ne sont pas les mêmes. Pour ces raisons, la réponse des glaces de mer arctique et antarctique au réchauffement global de la planète n’a aucune raison d’être similaire.

Ainsi que le rapporte le NSIDC dans un article récent, il reste à voir si les valeurs anormalement basses observées ces dernières années sont annonciatrices d’une réelle tendance à la baisse ou simplement le fruit de la variabilité naturelle du climat, particulièrement marquée dans cette région du monde.