Le Bangladesh connaît sa plus grave épidémie de dengue

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Selon les chiffres officiels, pas moins d’un millier de personnes sont déjà mortes de la dengue au Bangladesh cette année. Il s’agit de la pire épidémie enregistrée dans le pays depuis que ces données existent. Cette épidémie est en outre une preuve supplémentaire de la progression de la dengue à l’échelle globale.

Le plus important nombre de décès depuis 2000

Il y a peu, nous expliquions pourquoi la dengue est une maladie en plein essor depuis des décennies. Parmi ces raisons, nous retrouvons sans grande surprise le dérèglement climatique qui favorise notamment l’élargissement de l’habitat des moustiques porteurs de la maladie. De plus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment tiré la sonnette d’alarme en affirmant que la dengue pourrait battre des records cette année en termes de nombre de cas.

Bien que l’année 2023 ne soit pas encore terminée, des records ont visiblement déjà été battus. Comme l’explique la chaîne Al Jazeera dans un article du 2 octobre 2023, pas moins de 1 017 personnes ont déjà perdu la vie au Bangladesh depuis le début de l’année, incluant 112 enfants de moins de quinze ans, dont des nourrissons. Au total, près de 210 000 personnes ont été infectées. Sur les neuf premiers mois de l’année, le nombre de décès est même quatre fois plus important que le total de l’année dernière, soit 281 décès. Surtout, il s’agit du nombre le plus important de décès enregistré depuis 2000, année durant laquelle le Bangladesh a essuyé sa première épidémie de dengue, malgré de premiers cas isolés dès les années 1960.

rue Dhaka
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Une combinaison de facteurs favorisant la dengue

En cas de forme grave, la dengue provoque de fortes fièvres, des douleurs abdominales, des saignements, mais également une fatigue extrême. Les décès sont habituellement très rares. Néanmoins, le docteur Mohammad Rafiqul Islam du Shaheed Suhrawardy Medical College Hospital à Dhaka (Bangladesh) rappelle que lorsque les personnes sont atteintes par la dengue plusieurs fois, la gravité de la maladie augmente, tout comme le risque de décès.

Selon des chercheurs locaux, l’épidémie de cette année a été boostée par des températures plus chaudes et des précipitations irrégulières durant la mousson, de juillet à septembre, favorisant plus que d’habitude les conditions de reproduction des moustiques. Par ailleurs, si depuis le début du 21e siècle, la majorité des cas survenaient jusqu’ici durant la mousson, les hôpitaux du Bangladesh accueillent de plus en plus de patients durant l’hiver.

Enfin, outre les effets du dérèglement climatique, un autre problème vient jouer un rôle dans la propagation de la dengue : le phénomène cyclique El Niño. Il apporte en effet temporairement un réchauffement supplémentaire.