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Les baleines bleues sont de retour en Géorgie du Sud

Crédits : iStock

Les baleines bleues fréquentent à nouveau les eaux entourant l’île sub-antarctique de Géorgie du Sud, près de cent ans après avoir frôlé l’extinction à cause de la chasse industrielle.

L’archipel de Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud est un territoire britannique situé dans le Sud de l’océan Atlantique. La plus grande île du coin, la Géorgie du Sud, se situe à environ 4 000 kilomètres de la côte Antarctique la plus proche. De nos jours, seules quelques personnes y vivent durant les mois d’été, mais bien avant cela, la Géorgie du Sud a joué un rôle de premier plan dans l’histoire de l’exploration antarctique, considérée comme le centre de chasse à la baleine industrielle.

En effet, on estime que plus de 42 000 rorquals bleus ont été tués autour de cette île entre 1904 et 1960. Dès lors, il s’est fallu d’un rien pour que l’espèce disparaisse complètement de ces eaux. Depuis, la chasse à la baleine a été interdite, et les populations de ces grands mammifères ont commencé à augmenter à nouveau dans d’autres parties du monde au cours des dernières décennies. Cependant, leur retour autour de la Géorgie du Sud avait jusqu’à présent été très “timide”. Seule une de ces baleines aurait en effet été aperçue entre 1998 et 2018.

Un retour remarqué

Toutefois, la situation semble désormais s’améliorer. Dans le cadre d’une récente expédition, des biologistes de la Scottish Association for Marine Science (SAMS) et de la British Antarctic Survey ont en effet repéré plusieurs dizaines de ces animaux. Ils rapportent, au total, 38 observations entre les mois de janvier et février dernier, impliquant 58 spécimens individuels ainsi que de nombreuses détections acoustiques.

baleines bleues
Crédits : NOAA Photo Library

Pour expliquer ce retour tardif, les chercheurs évoquent l’idée que la quasi-extinction des baleines bleues dans la région pourrait avoir entraîné la perte de leur “mémoire culturelle”.  Cette zone est en effet très abondante en krill, ces petits crustacés dont raffolent les baleines. Et nous savons que la connaissance des aires d’alimentation de ces animaux peut être transmise des mères à leurs petits. Le fait que ces baleines aient quasiment disparu dans ces eaux pourrait donc avoir “coupé” cette transmission d’informations, les empêchant de revenir.

Nous pourrions également nous demander si la croissance du nombre de baleines bleues dans la région peut être corrélée avec une année exceptionnellement chargée en krill. Néanmoins, les chercheurs en doutent. « Les données préliminaires ne suggèrent pas qu’il s’agit d’une année particulièrement inhabituelle », explique en effet la biologiste Jennifer Jackson. « Ni cette année, ni l’année dernière. Donc, je pense que c’est plutôt positif. Nous savons qu’il y a cent ans, la Géorgie du Sud était un bon endroit pour les baleines bleues. Et aujourd’hui, il semble que les eaux du territoire soient à nouveau prêtes à les accueillir ».

Les détails de cette étude sont publiés dans la revue Endangered Species Research.