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Cette ancienne bague a-t-elle été portée pour lutter contre la gueule de bois ?

Crédits : Daphna Gazit/Autorité israélienne des antiquités

Des archéologues ont retrouvé une bague en or dans les ruines d’une ancienne usine de vin en Israël. Enterré il y a plus de mille ans, l’anneau est serti d’une gemme semi-précieuse de couleur pourpre qui pourrait être une améthyste. Or, à l’époque, cette pierre était parfois réputée pour ses vertus anti gueule de bois.

Une bague anti-gueule de bois ?

L’anneau a été découvert à Yavne, en Israël, lors de la fouille d’un site où se tenait un grand producteur de vin blanc connu sous le nom de « vin de Gaza » (ou « vin d’Ashkelon ») durant l’époque byzantine (vers 330 à 1453 apr. J.-C.). Sur place, des milliers de jarres attestent de l’échelle de production massive de cette ancienne production : plus de deux millions de litres de vin chaque année, selon les estimations.

A priori, cette bague pourrait ne rien avoir à faire avec ce domaine viticole. Quoi que… L’anneau serait en effet serti d’une pierre de couleur pourpre distinctive susceptible d’être une améthyste. Il s’agit d’un type de quartz autrefois aussi prisé que les émeraudes et les rubis. Selon le Gemological Institute of America (GIA), la découverte au XIXe siècle de grands gisements au Brésil ont finalement rendu la pierre beaucoup plus accessible.

Cela étant dit, nous savons que les habitants de la région pensaient autrefois que de telles pierres semi-précieuses étaient capables de prévenir l’inconfort d’une gueule de bois. « Les améthystes sont mentionnées dans la Bible comme l’une des douze pierres précieuses portées par le grand prêtre du Temple sur son plastron de cérémonie« , précise Amir Golani, un expert en bijoux anciens. « De nombreuses vertus ont été attachées à ce joyau, y compris la prévention des effets secondaires de la consommation d’alcool« . D’ailleurs, le mot « améthyste » vient au départ du grec « améthystos » qui signifie « pas ivre ».

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La bague a été retrouvée près de cet ancien entrepôt de jarres. Crédits : Assaf Peretz/Autorité israélienne des antiquités

Elle pourrait possiblement être encore plus ancienne

D’après les chercheurs, la bague aurait été enterrée au cours du XIIe siècle près d’un entrepôt où l’on stockait, à l’époque, les jarres vides. Selon les représentants de l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA), une telle bague aurait été portée par une personne riche, de statut élevé, et aurait pu orner le doigt d’un homme comme d’une femme.

Cela dit, les bagues en or serties d’améthystes étaient également populaires parmi les élites romaines dès le IIIe siècle. Il est donc possible que cet anneau ait pu être fabriqué des siècles avant d’être perdu, puis transmis de génération en génération avant de se retrouver près de cet entrepôt.

Enfin, s’il est effectivement possible que le ou la propriétaire de la bague l’ait enfilé à son doigt dans l’espoir de pouvoir supporter l’excès d’alcool, il est également possible que ce bijou ait été porté simplement comme symbole de sa richesse et de son prestige. Ce n’est évidemment qu’une interprétation.