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Des bactéries liées aux maladies humaines retrouvées dans le « souffle » des orques

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En cherchant à comprendre ce qui menace la santé des orques de la côte ouest des États-Unis et du Canada, des chercheurs ont prélevé des gouttelettes soufflées par les évents d’une population d’orques menacée. Ils ont alors découvert des bactéries et champignons nocifs. Et l’Homme serait à blâmer.

Les orques sont étudiées depuis plus de quarante ans dans la mer de Salish, au nord de l’océan Pacifique où leur nombre n’a cessé de diminuer au cours de ces dernières années. En 2005, l’espèce était déclarée en danger et en décembre 2016, on ne répertoriait que 78 individus. Désireux de comprendre ce qui menacé la santé de ces mammifères marins, une équipe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, au Canada, a prélevé 26 échantillons de gouttelettes soufflées par les évents des animaux qui reviennent respirer à la surface, en utilisant de longues perches en aluminium auxquelles étaient rattachées des boîtes de pétri. Ils ont alors découvert des bactéries et champignons qui pourraient être responsables de leur faible nombre dans la région. Et selon les chercheurs, les activités humaines seraient à blâmer.

« Nous voulions savoir quels genres de bactéries et champignons composent le microbiome des orques en bonne santé, et les agents pathogènes potentiels exposés dans leur environnement », explique le chercheur principal Stephen Raverty. « Dans certains cas, ces microbes pathogènes pourraient constituer une menace pour les animaux et contribuer à la déclaration de maladies ».

Les analyses sur les prélèvements d’échantillons effectués ont notamment révélé des bactéries telles que Staphylococcus aureus et Salmonella connues pour causer des maladies chez l’Homme et d’autres animaux. Des traces de champignons potentiellement dangereux tels que des Penicillium ou encore Phoma ont également été retrouvés.

Pete Schroeder

L’équipe compare maintenant les résultats des échantillons prélevés en effectuant des nécropsies (autopsies) sur des baleines. L’analyse de l’expiration des baleines a également montré la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire. Des recherches plus poussées devront être menées, mais les chercheurs pensent d’ores et déjà aux eaux usées déversées dans l’océan par la ville de Victoria (360 000 habitants). Que ces microbes soient d’origine naturelle dans le milieu marin ou apparaissant à la suite des activités humaines est une question encore débattue, mais nous savons que ces animaux migrent chaque année le long de la côte où ils sont exposés aux ruissellements agricoles et aux rejets urbains qui peuvent rejeter toute une variété de microbes dans l’océan.

Les bactéries et les champignons ne sont qu’une partie du problème. Ces mammifères sont en effet également confrontés à un certain nombre de menaces, y compris le trafic maritime qui ne cesse d’augmenter ou encore le nombre toujours plus réduit de leurs proies, sans parler de la pollution maritime.

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