in

Avec près de 22 °C au Svalbard, l’Arctique continue d’enchaîner les records de chaleur

Crédits : EOSDIS Worldview.

L’été 2020 continue sur sa lancée en termes d’extrêmes de chaleur au niveau de la zone polaire nord. Au cours des derniers jours, c’est notamment le Svalbard qui a été touché. Il s’agit d’un archipel norvégien – contenant le Spitzberg – situé dans l’océan arctique, à environ 78 °N.

En temps normal, la température maximale pour un mois de juillet tourne autour de 6 °C à 9 °C. Or, le 25 juillet dernier, la station de l’aéroport de Longyearbyen (Spitzberg) a relevé une pointe à 21,7 °C peu avant 18 heures – heure locale. Un record absolu de chaleur pour la capitale administrative mais aussi pour tout l’archipel, supplantant les 21,3 °C datés du 16 juillet 1979. Au lendemain, le mercure atteignait encore 20,2 °C à cette même station et remontait à 21,4 °C ce 27 juillet.

Une accélération brutale de la fonte des glaces

Par ailleurs, il faut bien noter que ce coup de chaud n’est pas simplement un phénomène localisé. En effet, les autres stations montrent que c’est tout une moitié sud-ouest de l’archipel qui a été concernée par des températures extrêmement douces. On mesurait par exemple 19,7 °C à Pyramiden ou encore 17 °C à Akseloya ce samedi.

En conséquence, les glaciers de la région n’ont pas manqué de réagir. Selon les premières estimations, la fonte de surface aurait atteint un taux inégalé au cours de l’épisode météorologique en question. Point notable, la calotte du Svalbard est jusqu’à présent celle qui connaît la plus forte perte de masse relative parmi toutes les calottes que compte l’Arctique.

bilan masse arctique
Anomalie du bilan de masse de surface pour les différentes calottes glaciaires de l’Arctique (2020 en courbe rouge). Aussi, notez l’écart considérable à la moyenne 1981-2010 dans l’encart en bas à droite du graphique (Svalbard). Crédits : Xavier Fettweis / @xavierfettweis.

Vigoureuse incursion d’air chaud dans le bassin arctique

À l’origine de cette météo exceptionnelle, la circulation d’une bulle chaude anticyclonique en provenance du nord de la Russie. Ainsi, l’incursion brutale d’un air chauffé par le continent et couplé à un important ensoleillement permet d’expliquer ces conditions pour le moins estivales. Cette mécanique est illustrée sur l’animation présentée ci-dessous. Néanmoins, il faut également tenir compte de la tendance de fond pilotée par le changement climatique. La région s’étant déjà réchauffée 3 fois plus vite que la moyenne mondiale.

Pression (contours en noir) et masse d’air vers 1500 mètres (couleurs, en °C) du 22 au 26 juillet 2020. En outre, sont également indiquées les flèches de vent en altitude. Crédits : Xavier Fettweis / @xavierfettweis.

Selon un récent rapport intitulé Climate in Svalbard in 2100, la température moyenne de l’archipel pourrait s’élever de 7 °C à 10 °C supplémentaires d’ici à la fin du siècle. À moins bien sûr que des mesures fortes ne soient prises pour limiter nos émissions croissantes de gaz à effet de serre. En attendant, le thermomètre va graduellement retrouver des niveaux plus décents au cours des prochains jours. Néanmoins, les conditions resteront sensiblement plus chaudes que la normale. La fonte devrait donc se poursuivre, à un taux toutefois assurément moins extrême.

Source