in

Avec localement plus de 50 °C, le nord de l’Inde fait face à un épisode de chaleur extrême

Crédits : worldview.earthdata.nasa.gov.

Depuis environ une semaine, un épisode de forte chaleur afflige le nord et le nord-ouest de l’Inde. Localement, les 50 °C ont été dépassés.

Chaleur et sécheresse plantent le décor

L’Inde fait actuellement face à un important épisode caniculaire. On a notamment relevé 50,8 °C à Churu le 1 et 2 juin dernier, dans l’État du Rajasthan. Il s’agit de la température la plus élevée jamais mesurée à cette station et la seconde plus élevée jamais mesurée dans le pays. Le record national absolu étant de 51 °C. Ces derniers ont été atteints le 19 mai 2016 à Phalodi, dans le même État.

Plus généralement, les températures maximales des derniers jours se situent entre 45 °C et 49 °C. On notera que les sols anormalement secs permettent au mercure de s’élever plus facilement. En effet, plus de 40 % du territoire est en situation de sécheresse. Ces conditions climatiques extrêmes – mais pas inédites au niveau national – ont déjà provoqué plusieurs décès. Par ailleurs, l’accès à l’eau devient difficile à mesure que les lacs et les rivières se tarissent.

relevé inde Churu chaleur
Relevé météorologique à Churu. Source : Ogimet.

« Les agriculteurs ne reçoivent de l’eau que tous les trois jours pour leur bétail », explique un habitant de la ville de Beed, dans l’État du Maharashtra.

Les prévisions météorologiques préviennent que l’épisode caniculaire va encore persister pendant une semaine. Ainsi, plusieurs alertes aux fortes chaleurs continuent à être émises et/ou maintenues. New Delhi, la capitale, est par exemple concernée. La température y est montée jusqu’à près de 47 °C le 31 mai dernier.

Léger retard de la mousson

Entre le 6 et le 7 juin, la mousson va débuter sur le sud du pays. Malgré ce retard de quelques jours, les météorologues anticipent une saison des pluies plus importante que la normale. Ce qui ferait le plus grand bien au secteur agricole – fondamental au pays – qui a notablement souffert du déficit d’eau au cours des dernières années.

On rappellera que les mois d’avril à juin sont les plus chauds de l’année dans ces contrées du sud de l’Asie. En effet, la vaste masse continentale surchauffe sous l’effet d’un rayonnement solaire intense. Toutefois, cela s’interrompt courant juin. À force de chauffer, une dépression thermique se forme sur le continent.

Lorsqu’elle est assez intense, elle est capable d’aspirer l’air plus humide présent sur l’océan Indien. Les vents de grande échelle se dirigent alors de l’océan vers les terres en charriant d’énormes quantités de vapeur d’eau. Celles-ci mènent à de multiples bouffées orageuses associées à des pluies souvent diluviennes – c’est la mousson d’été.

Articles liés :

Vagues de chaleur et canicules : comment se forment-elles ?

2070 : certains pays seront invivables à cause de la chaleur

Cette animation nous le montre : la vague de chaleur est globale