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Avec la chlorpromazine, des chercheurs veulent enfermer le Covid-19 dans une “camisole chimique”

Crédits : West-Ward Pharmaceuticals

Incarnant historiquement le premier médicament antipsychotique, la chlorpromazine fait actuellement l’objet d’un grand intérêt au sein d’un hôpital parisien. En effet, de premier tests se sont montrés encourageants, conduisant les chercheurs à plancher sur un prochain essai clinique sur des patients Covid-19.

Le plus ancien neuroleptique connu

De nombreux scientifiques travaillent sans relâche à l’élaboration d’un traitement contre le Covid-19. Citons par exemple la chloroquine (antipaludique) ayant récemment beaucoup fait parler d’elle. D’autres médicaments sont également de la partie, tels que le Kaletra (anti-VIH). Mais d’autres équipes planchent sur l’interféron bêta (modulation de la réponse immunitaire) ou encore, depuis peu, sur les anticorps de lama.

Comme l’explique Le Parisien dans un article du 5 avril 2020, un énième médicament apparaît sur la liste des nombreuses recherches en cours dans la lutte contre le Covid-19. Il s’agit de la chlorpromazine, le plus ancien neuroleptique connu, utilisé dès les années 1950. Enfermer le Covid-19 dans une “camisole chimique”, telle est l’idée des médecins de l’hôpital Sainte-Anne à Paris. Rappelons que, dans un premier temps, la science n’a pas pris au sérieux la possibilité d’élaborer un traitement à base de chlorpromazine. Toutefois, il semble que la question soit à nouveau d’actualité.

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Crédits : Be.Futureproof / Flickr

Un constat étonnant

A l’hôpital Sainte-Anne, les services de soins psychiatriques ont constaté que seulement 3 % des patients avaient contracté le Covid-19. Or, ce fut le cas de 19 % du personnel soignant ! Ainsi, cette différence importante a placé les médecins sur une piste datant des années 1980. À l’époque, des chercheurs avaient déjà mené des travaux ayant démontré un effet antiviral de la chlorpromazine.

Par ailleurs, entre 2014 et 2018, la littérature médicale expliquait que la chlorpromazine in vitro jouait un rôle d’inhibiteur de l’entrée du virus dans les cellules lors des épidémies de SRAS (2003) et de MERS (2012). Enfin, plusieurs études menées aux États-Unis ont démontré que certains psychotropes – dont la chlorpromazine – pouvaient bloquer les coronavirus.

Un essai clinique sur 40 patients

Fort de ces (re)découvertes concernant la chlorpromazine, l’hôpital Sainte-Anne a lancé une opération baptisée reCoVery, dans laquelle les compétences de l’institut Pasteur sont indispensables. Or, les premiers résultats ont montré une efficacité contre le coronavirus responsable de l’épidémie actuelle. Il s’agit de résultats obtenus à partir de tests pratiqués sur des cellules humaines et animales.

Pour aller plus loin, les médecins préparent une étude pilote intégrant 40 patients hospitalisés au sein d’unités Covid-19. Les patients sélectionnés présenteront des formes sévères du coronavirus mais ne se trouveront pas en réanimation. Les premiers résultats seront disponibles dans un mois environ et, en cas de succès, une étude à plus grande échelle sera mise en place.