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Aux États-Unis, des patients vont être traités contre le cancer avec une thérapie génique !

Crédits : iStock

L’outil d’édition de gènes CRISPR ne se limite plus aux plantes ou aux animaux de laboratoire. En novembre 2016, une équipe chinoise testait pour la première fois la technologie sur un humain. Cette année, c’est au tour des États-Unis.

Si en Chine des premiers patients humains ont fait l’objet de tests avec la technologie d’édition de gènes CRISPR, aucun autre pays n’avait lancé pareil projet. Les choses devraient néanmoins bientôt changer. Les médecins de l’Université de Pennsylvanie préparent en effet les paramètres de ce traitement depuis juin 2016, date à laquelle le NIH (National Institutes of Health) a donné son feu vert. L’équipe semble maintenant prête à commencer l’expérience.

Pour ce premier test médical aux États-Unis, les chercheurs prévoient d’utiliser CRISPR pour modifier les cellules T humaines – qui jouent un rôle central dans le système immunitaire – pour cibler les tumeurs. Jusqu’à 18 patients souffrant de trois types de cancer – myélome multiple, sarcome et mélanome – pourraient être inclus dans l’étude.

Concrètement, les médecins prévoient ici d’extraire les cellules sanguines des patients pour ensuite les modifier à l’extérieur du corps – une approche appelée thérapie génique ex vivo. Avant de les réintroduire dans la circulation sanguine du patient, l’objectif est de rendre les lymphocytes T plus efficaces contre le cancer. Les médecins comptent ici supprimer deux gènes spécifiques des cellules T. Le premier élément est une molécule appelée checkpoint (PD-1) que les cellules cancéreuses exploitent pour stopper l’activité du système immunitaire. L’autre est un récepteur que les cellules T utilisent pour détecter les dangers, tels que les germes ou les tissus malades. Ils remplaceront ce récepteur par un autre conçu pour diriger les lymphocytes T vers les tumeurs.

C’est l’Institut Parker pour l’immunothérapie contre le cancer, un organisme de bienfaisance créé par le fondateur de Napster (un magasin de musique en ligne) Sean Parker, qui finance l’essai. Celui-ci devrait normalement débuter en janvier 2018 et se terminer en janvier 2033, selon l’annuaire des essais cliniques. L’Europe devrait bientôt suivre avec un test similaire prévu un peu plus tard en 2018. Les résultats de ces expériences sont susceptibles d’avoir un impact énorme sur l’avenir de l’édition des gènes.

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