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Autrefois, l’Amazonie aurait été habitée par plus d’un million de personnes !

Photos et images satellites des sites archéologiques repérés par les chercheurs Crédits : Nature Communications Art 1125 / Digital globe

Certaines parties de l’Amazonie, que l’on pensait jusqu’alors inhabitées, abritaient autrefois des populations prospères : jusqu’à un million de personnes, selon de nouvelles analyses.

La vaste forêt amazonienne n’est pas seulement une merveille naturelle, c’est aussi un lieu de mystère et de mythe – une toile de fond glorieuse à une riche histoire de civilisations. Mais ce précieux écosystème est maintenant menacé par l’expansion meurtrière de la cupidité minière. Et l’histoire semble aujourd’hui encore plus riche que ce qui était supposé. Une équipe d’archéologues annonce en effet la découverte de vestiges, qui prouvent qu’il y aurait eu à une époque des centaines de villages abritant au total près d’un million de personnes.

L’étude nous révèle que des parties inexplorées de l’Amazonie, prétendument inhabitées, abritaient avant l’arrivée de Christophe Colomb de vastes populations réparties sur un tronçon de 1 800 kilomètres, sur le versant sud de la forêt pluviale. Suite à l’analyse d’images satellites, les archéologues de l’Université d’Exeter (Royamue-Uni) y ont découvert les restes de villages fortifiés et de mystérieux terrassements. Les experts ignorent le but de ces travaux, car certains ne montrent aucune preuve d’occupation. Il est possible qu’ils aient été utilisés dans le cadre de rituels cérémoniels. En tout, 81 nouveaux sites archéologiques totalisant 104 terrassements ont été découverts.

Crédits : Wikimedia Commons / Neil Palmer / CIAT

En effectuant des prospections au sol sur 24 de ces sites, les chercheurs ont également découvert des céramiques, des haches en pierre polie, de la terre noire anthropogénique (du sol fertile) et des tertres (décharges domestiques). « Il y a cette idée fausse selon laquelle l’Amazonie serait un paysage intact où habitent des communautés nomades dispersées, ce qui n’est pas le cas », note Jonas Gregorio de Souza, du département d’archéologie de l’Université d’Exeter. « Nous avons constaté que certaines populations éloignées des grands cours d’eau sont beaucoup plus grandes qu’on ne le pensait auparavant et ces personnes ont eu un impact sur l’environnement que nous pouvons encore trouver aujourd’hui ».

Ce qui est encore plus remarquable, c’est la portée potentielle de cette population non découverte. Les estimations des chercheurs, basées sur la répartition et la taille des terrassements mis au jour jusqu’à présent, suggèrent une population globale de 500 000 à 1 million de personnes qui aurait pu prospérer dans ces régions jusqu’ici supposées inhabitées de l’Amazonie. Ces populations auraient pu alors s’étendre sur une vaste zone de quelque 400 000 kilomètres carrés. Ces nouvelles découvertes nous amènent donc à repenser l’histoire de l’Amazonie, la plus grande forêt de la planète.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Nature Communications.

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