Australie : des varans protègent les moutons des attaques mortelles de mouches à viande

varan saurien lézard géant Australie
Vara bigarré, Victoria, Australie - Crédits : Imogen Warren/iStock

Le varan de Rosenberg, lézard géant endémique d’Australie, pourrait être le meilleur allié des éleveurs de moutons en protégeant les ovidés des attaques mortelles de mouches à viande.

En Australie, une colonie de varans, ces lézards géants, semblent éviter aux moutons de se faire dévorer vivants par les redoutables mouches à viande. Face à ce constat, les scientifiques insistent sur l’importance de ces sauriens australiens dans le cadre de la protection du bétail, agissant comme de véritables insecticides naturels.

Les mouches à viande, des insectes redoutables pour les moutons

Les mouches bleues (Calliphora vomitoria), aussi appelées mouches à viande, sont une espèce de mouche commune appartenant au genre Calliphora. D’une taille variant entre 10 et 15 millimètres de long, la mouche à viande est reconnaissable à sa tête grise, ses yeux rouges et à son abdomen bleu métallique parsemé de taches noires.

En Australie, cette espèce de mouche a la particularité d’attaquer les moutons en pondant ses oeufs sur leur arrière-train : les asticots carnivores qui éclosent se mettent alors à dévorer la chair des ovidés, qui succombent souvent de leurs blessures. Dans le pays, les mouches bleues provoqueraient de nombreux dégâts aux élevages de moutons, le coût annuel pour l’industrie en question étant estimé à plus de 250 millions de dollars.

mouche à viande bleue feuille insecte
Mouche bleue sur une feuille – Crédits : David Fenton/iStock

Le varan, un lézard géant qui pourrait aider à protéger les moutons contre les attaques de parasites

Le varan (Varanus) est un genre de saurien appartenant à la famille des varanidés, originaire des régions tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Océanie (où ils sont parfois appelés goannas). Ces lézards géants se distinguent des autres espèces par leur cou, plus long, leur langue bifide et leur crâne de forme triangulaire.

Les varans sont des animaux ovipares et carnivores, pourvus de puissantes mâchoires et de griffes acérées leur permettant à la fois de chasser et de se défendre. Leur régime consiste généralement en des insectes, mollusques, myriapodes, crustacés, reptiles ou amphibiens. Les plus grands spécimens de varans peuvent même aller jusqu’à se nourrir de carcasses de cerfs.

varans sauriens manger nourriture reptiles mouches à viande
Crédits : Ken Griffiths/iStock

Le varan de Rosenberg, un acteur majeur dans la lutte antiparasitaire

L’Australie est le pays qui abrite la plus grande population de varans, recensant une vingtaine d’espèces (25 environ) dont le varan de Rosenberg (Varanus rosenbergi), observable en Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud-ouest du Victoria, en Australie-Méridionale et Occidentale. Cette espèce a été nommée en hommage au baron Hermann von Rosenberg, naturaliste néerlandais.

Selon une étude récente publiée dans la revue Ecology and Evolution, le varan de Rosenberg permettrait d’éviter aux moutons australiens de se faire dévorer vivants par la carnassière mouche bleue. Charognard par excellence, le saurien se délecterait en effet des carcasses d’animaux infestés par les asticots, évitant ainsi leur prolifération. D’après les chercheurs en charge de l’étude, le fait d’augmenter les populations de grands reptiles indigènes serait essentiel pour restaurer l’écosystème australien.

Statut de l’espèce

Bien que leurs populations diminuent au fil des années, la plupart des espèces de varans sont classées dans les catégories de préoccupation mineure. Pourtant, la Convention sur le Commerce International des Espèces Sauvages considère toutes les espèces de varans, à l’exception de cinq d’entre elles*, comme menacées d’extinction.

varan de Rosenberg saurien branche Australie
Varan de Rosenberg, Australie – Crédits : Sanjiv Shukla/iStock

*Bengal monitor, V. flavescens, V. griseus, V. komodoensis et V. nebulosus.