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Australie : après les incendies, les prédateurs vont donner le coup de grâce

Crédits : iStock

Alors que les incendies continuent de se propager en Australie, une écologiste craint le pire pour la faune déjà dévastée. Les survivants vont devoir faire face à d’autres menaces : les prédateurs opportunistes.

Au moins 24 personnes tuées, plusieurs millions d’hectares brûlés, plus de 1 400 maisons détruites, et selon un expert en biodiversité, plus d’un milliard d’animaux décimés… Le bilan des incendies qui ravagent actuellement l’Australie est très lourd. Trop lourd. Et la situation est loin d’être terminée. L’Australie s’attend à une nouvelle vague de chaleur ce vendredi (10 janvier), accompagnée d’importantes rafales de vent qui pourraient raviver les foyers a priori éteints.

Le monde semble particulièrement attristé par le sort de nombreux animaux. Les images de koalas ou de kangourous, par exemple, sont effectivement très pénibles, mais ils ne sont pas les seuls à payer le prix fort. Les reptiles, rongeurs et oiseaux sont également très durement touchés.

Et quand bien même la situation pourrait s’adoucir au cours de ces prochaines semaines, ces animaux vont devoir faire face à d’autres menaces venues profiter de la situation.

Des animaux pas préparés

L’écologiste Sarah Legge a récemment évoqué la situation de cette faune australienne vulnérable.

« Des centaines d’espèces sont touchées par ces incendies, explique-t-elle. Plusieurs dizaines d’entre elles étaient déjà menacées, mais certaines pourraient être poussées directement à l’extinction à la suite de cet événement. Et si malgré tout ils survivent, je pense que sera le début de la fin pour eux, poursuit-elle. Parce que cet événement se reproduira ».

L’écologiste souligne que la plupart de ces animaux ont évolué et se sont développés avec les feux. Les incendies font en effet partie du paysage naturel de l’Australie depuis des millions d’années. Mais ils ne sont pas suffisamment armés pour faire face à des feux de cette ampleur.

Lorsque des incendies se déclarent, ils affectent généralement environ 5% de l’aire de distribution d’une espèce. Or, les feux actuels sont en train de ravager près de 100% de l’ère de répartition de certains animaux. En tant normal, ces derniers trouvent refuge dans des habitats épargnés. Mais ce n’est plus possible aujourd’hui, car il n’y a plus d’endroits où se cacher.

« Un bon exemple est celui du dunnart de l’île Kangourou, un petit marsupial très rare qui vit sur l’île Kangourou, explique la chercheuse. Cet animal s’abrite généralement sous le feuillage des graminées pour se protéger. Mais ces graminées ont toutes été incinérées ».

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Crédits : Rob et Stephanie Levy/Wikipédia

Après les incendies, les prédateurs

En plus de la menace immédiate soulevée par les incendies, les plus petits animaux survivants vont devoir essuyer d’autres menaces par la suite. Il faudra faire avec le manque de nourriture, d’une part, mais aussi avec les prédateurs, comme les chats et les renards.

« Après un incendie intense, les prédateurs sauvages sont souvent attirés par les zones touchées par le feu, explique la chercheuse. Ils viennent pour chasser, et sont très efficaces dans la mesure où les animaux indigènes n’ont nulle part où se cacher ». Autrement dit, les animaux déjà affaiblis par les incendies seront probablement dévorés par les prédateurs les plus opportunistes.

Pour celles et ceux qui voudraient aider malgré tout, voici quelques organismes qui agissent actuellement sur le terrain. Le World Wildlife Fund, par exemple, recueille des dons pour restaurer les habitats des koalas. Vous pouvez également faire un don à la Croix-Rouge australienne, au service d’incendie rural de la Nouvelle-Galles du Sud , à la Country Fire Service Foundation en Australie-Méridionale, et à la Country Fire Authority, qui oeuvre dans l’état de Victoria.

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