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On a retrouvé les pôles magnétiques d’Uranus !

Crédits : ESA/Hubble & NASA, L. Lamy/ Observatoire de Paris

Dans l’Histoire, les détections d’aurores polaires sur Uranus, septième planète du Système solaire, se comptent sur les doigts d’une main. Récemment, de nouvelles détections ont permis d’obtenir de nouvelles informations sur l’environnement magnétique atypique et mal connu d’Uranus.

Dans la revue Journal of Geophysical Research, une équipe internationale, menée par un astronome de l’Observatoire de Paris au Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique, publie ses observations d’aurores polaires sur Uranus et les informations obtenues grâce à ces dernières.

Car elles sont rares, ces observations sur la septième planète du Système solaire. Les premières datent de janvier 1986 grâce au spectromètre ultraviolet de Voyager 2. La sonde avait révélé une magnétosphère sans équivalent dans le Système solaire. La planète présente en effet un axe de rotation proche du plan de l’écliptique, un axe magnétique incliné de 60° et une rotation rapide en 17,24 h. Il aura ensuite fallu 25 ans pour observer de nouveau le phénomène sur Uranus grâce au télescope spatial Hubble en 2011.

Déjà auteur de cette observation de 2011, l’équipe de Laurent Lamy, astronome de l’Observatoire de Paris, présente dans cette étude pas moins de six nouvelles signatures d’aurores obtenues avec Hubble par paires d’images successives : la première dans le cadre d’une campagne menée en 2012 s’intéressant au rôle de la rotation planétaire et les deux autres en 2014, en période de vent solaire particulièrement actif.

L’aurore la plus intense jamais observée date de novembre 2014 avec une puissance rayonnée d’environ 6-9 gigawatts. Ces observations suggèrent que si le déclenchement des aurores dépend de la géométrie de l’ensemble « magnétosphère – vent solaire » contrôlée par la rotation planétaire, il est également sensible à la force du vent solaire.

Ces observations apportent de nouvelles informations sur les maigres connaissances que nous avons de la magnétosphère d’Uranus jusque-là. « Observer les aurores et leurs variations dans le temps reste le seul moyen d’étudier à distance l’intrigante magnétosphère asymétrique d’Uranus au cours de sa révolution autour du Soleil. Cela renseigne aussi sur son interaction avec l’atmosphère planétaire d’une part et le vent solaire de l’autre », explique Laurent Lamy.

Cela a notamment permis de caractériser les propriétés de ces aurores comme leurs formes, leur intensité, leur durée, leurs variations, mais aussi leurs positions. Grâce à cela, les chercheurs ont pu retrouver la longitude des pôles magnétiques d’Uranus, perdue peu après leur découverte en 1986 par Voyager 2 en raison d’une grande incertitude sur la valeur de la période de rotation planétaire.