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Nous aurions fait entrer la Terre dans une nouvelle époque géologique, l’Anthropocène

Crédits : NASA

Un groupe de travail composé de plus d’une trentaine de scientifiques venus de tous les domaines de compétences a présenté les conclusions de leurs travaux, lesquels nous informent que nous avons fait entrer la terre dans une nouvelle époque géologique baptisée « l’Anthropocène », qui succède donc à l’Holocène.

L’Anthropocène, ou « l’âge de l’homme », tel est le nom de la nouvelle époque géologique dans laquelle nous aurions fait entrer la planète, et ce depuis le début du XXe siècle. Une nouvelle ère qui fait suite aux nombreuses conséquences des actions de l’Homme sur la planète, entre changement climatique et érosion des sols, entre disparition d’espèces et réchauffement des océans…

Telles sont en tout cas les conclusions d’un grand groupe de travail composé de 35 scientifiques issus des différents domaines de ce secteur, des géologues, des océanographes, des climatologues, des historiens ou encore des archéologues. C’est devant le Congrès géologique international, réuni jusqu’au 4 septembre à Cape Town, en Afrique du Sud, qu’ils ont présenté ces conclusions ce lundi 29 août. Ils ont déclaré qu’il fallait ainsi dire adieu à l’Holocène, la période géologique dans laquelle la Terre se trouvait jusque-là, et qui durait depuis la fin de la dernière glaciation.

Dans ce groupe de travail, c’était la quasi-unanimité quant à la réalité de cette nouvelle ère géologique, à savoir 34 avis favorables contre une abstention. Pour trente d’entre eux, cette entrée dans l’Anthropocène, suspectée depuis plusieurs années, « doit être formalisée« . « L’Homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète. C’est aussi inquiétant« , estime ainsi Catherine Jeandel, directrice de recherche CNRS au Laboratoire d’études en Géophysique et Océanographie Spatiales (LEGOS), et membre de ce groupe qui travaille depuis plus de sept ans sur la question. « On appelle cette époque « la grande accélération ». L’utilisation de combustibles fossiles, de matériaux artificiels, les rejets de méthane, de CO2 etc., tout s’est considérablement accéléré après la Deuxième Guerre mondiale en particulier pendant les Trente Glorieuses » ajoute-t-elle.

« Les retombées radioactives artificielles, liées aux essais nucléaires qui ont connu un pic dans les années 1960, se retrouvent dans les couches géologiques. Quant au plastique, on en trouve déjà dans les couches géologiques à certains endroits » précise la directrice de recherche.

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