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Au Canada, le nouveau chant “viral” d’un bruant s’est répandu sur tout le territoire

Un bruant à gorge blanche (Zonotrichia albicollis) photographié au Canada. Crédits : Wikipédia

De nouvelles notes chantées par un bruant aux États-Unis il y a quelques années sont rapidement devenues “virales”, se propageant à travers le Canada en un rien de temps.

Les oiseaux changent rarement de répertoire musical. De petits ajustements peuvent parfois être opérés, néanmoins, ces variantes ne se limitent généralement qu’à l’environnement local. Mais il peut y avoir quelques exceptions. En témoigne une récente étude publiée dans Current Biology.

Selon l’article, un nouveau morceau, chanté il y a quelques années par un groupe de bruants à gorge blanche (Zonotrichia albicolis) aux États-Unis, semble en effet depuis se propager à travers le Canada à un rythme sans précédent. Au point que la mélodie précédente, composée dans les années 1960, sera bientôt complètement dépassée.

Un chant devenu viral

Les oiseaux chantent pour marquer leur territoire et attirer des partenaires potentiels. Traditionnellement, les bruants à gorge blanche de l’ouest et du centre du Canada chantent une mélodie se terminant par trois notes bien distinctes. Le nouveau chant, lui, présente une fin distincte à deux notes.

Selon les chercheurs de l’Université du Nord de la Colombie-Britannique (Canada), à l’origine de l’étude, il aurait dans un premier temps été composé par un seul oiseau dans les années 2000 – probablement dans la région des montagnes Rocheuses, au nord-ouest des États-Unis – avant d’être appris par ses congénères évoluant dans le cercle proche.

Puis, peu à peu, ces nouvelles “règles musicales” se sont propagées à travers le Canada, de la Colombie-Britannique jusqu’au centre de l’Ontario, deux régions distantes de plus de 3 000 km.

Pour en arriver à ces conclusions, l’équipe dirigée par Ken Otter explique avoir été grandement aidée par des passionnés d’ornithologie qui, pendant plusieurs années, ont enregistré le chant de ces oiseaux pour ensuite les télécharger dans une base de données en ligne appelée eBird.

Grâce à ces données, les chercheurs ont ainsi pu suivre la propagation de ce nouveau couplet dans le temps et l’espace.

« Les scientifiques citoyens ont joué un rôle clé, car les chansons qu’ils ont enregistrées et mises à disposition ont élargi la portée spatiale de l’étude, souligne le chercheur. Autrement, nous n’aurions jamais pu couvrir ce genre de distances ».

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Un bruant à gorge blanche. Crédits : Scott M. Ramsay

Un partage des notes dans les aires d’hivernage ?

La raison pour laquelle ce chant est devenu si viral interroge encore les chercheurs. Ils évoquent néanmoins une hypothèse.

Selon eux, les aires d’hivernage des bruants pourraient être un facteur clé. Ici, les mâles juvéniles se mêlent à d’autres bruants venus de plusieurs horizons. Il est donc possible que ces points de rencontre puissent avoir favorisé la propagation de ce nouveau chant.

Notons que ce chant paraît “nouveau” à nos oreilles, mais il ne l’est pas pour les bruants qui le sifflent depuis plus d’une dizaine d’années déjà. D’ailleurs, une variante à cette mélodie aurait même été entendue il y a quelque temps par les chercheurs à Prince George, en Colombie-Britannique. Les prémices d’un prochain tube ?

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