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Au Brésil, on teste une bactérie pour lutter contre la dengue !

Crédits : World Mosquito Program

Des chercheurs brésiliens élèvent des moustiques dans le cadre d’une étude. Les insectes reçoivent une bactérie résistante à la dengue mais également au chikungunya. L’objectif ? Une transmission par voie naturelle aux futures générations de moustiques et une réduction des risques envers les humains.

Des moustiques porteurs d’une bactérie

Les moustiques de type Aedes aegypti sont les plus importants vecteurs de la dengue et du chikungunya. Or, les chercheurs de l’institut Fiocruz (Brésil) en pratiquent l’élevage. Ces derniers se sont également intéressés à la bactérie Wolbachia, connue pour résister aux maladies en question. Leur expérimentation est basée sur l’idée d’inoculer la bactérie aux moustiques avec l’espoir que celle-ci se transmette aux générations futures.

Comme l’explique l’agence de presse AP dans un article du 22 novembre 2019, cette expérimentation a été lancée en 2015 dans le cadre du World Mosquito Program. Le directeur du programme Cameron Simmons a indiqué que des moustiques modifiés sont régulièrement relâchés à Niteroi, une ville proche de Rio de Janeiro. Rappelons au passage que la dengue touche des centaines de millions de personnes dans ce pays, causant parfois la mort.

schema dengue moustique transmission
Crédits : World Mosquito Program

Une réduction des cas

Selon les chercheurs, les cas de dengue et de chikungunya font l’objet d’une réduction significative dans la zone ciblée. L’expérimentation porterait donc ses fruits, puisque les cas de dengue ont été réduits d’au moins 70 %. Par ailleurs, des tests ont permis de comprendre que, dans la zone, 90 % des moustiques portaient désormais la bactérie Wolbachia. Si cette méthode semble avoir convaincu, cette dernière ne peut à elle seule régler le problème. En effet, les foyers de reproduction représentent un réel risque que la population doit contribuer à détruire. Autrement dit, il s’agit de réduire le plus possible la présence d’eau stagnante.

Il faut savoir que la méthode “Wolbachia” n’est pas nouvelle en soi. Née en Australie il y a environ 10 ans, elle y a encore été très récemment pratiquée. Celle-ci semble donc fonctionner mais les lâchers de moustiques modifiés doivent être réguliers. En effet, il s’agit d’assurer une efficacité sur le long terme. Malheureusement, Cameron Simmons a d’ores et déjà expliqué que les prochains lâchers de moustiques à Niteroi sont suspendus en raison de coupes budgétaires.

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