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Retour sur la Lune : la NASA et SpaceX peuvent enfin aller de l’avant

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Crédits : SpaceX

Il y a quelques mois, Blue Origin avait déposé plainte contre la NASA auprès d’un tribunal fédéral, arguant que l’agence avait ignoré ses propres exigences en attribuant uniquement à SpaceX le contrat d’atterrisseur lunaire du programme Artemis. Le tribunal vient de conforter cette décision.

Second revers pour Blue Origin

Blue Origin, qui concourrait pour le nouveau contrat d’atterrisseur lunaire habité de la NASA, n’a clairement pas très bien vécu la décision de la NASA de choisir SpaceX comme unique prestataire. La société avait déjà déposé une première protestation auprès du US Government Accountability Office (GAO) des États-Unis, arguant que l’agence américaine aurait dû attribuer au moins deux contrats pour maintenir le principe de concurrence. Cette plainte avait finalement été rejetée.

Suite à ce refus, Blue Origin avait ensuite porté son combat devant un tribunal fédéral, exhortant le juge de suspendre le contrat de SpaceX pendant le jugement de l’affaire. Depuis, le programme était donc au point mort. Ce jeudi 4 novembre, la Cour des réclamations fédérales a finalement rejeté l’affaire par le biais du juge Richard A. Hertling, mettant fin à un chapitre tumultueux.

« Ce n’est pas la décision que nous voulions, mais nous respectons le jugement du tribunal et souhaitons plein succès à la NASA et à SpaceX sur le contrat« , a déclaré Bezos sur Twitter.

Suite à ce rejet, la NASA semble aller de l’avant avec son contrat SpaceX. « La NASA a été informée jeudi que la Cour fédérale des réclamations des États-Unis avait rejeté la protestation de Blue Origin, confirmant la sélection de SpaceX pour développer et démontrer un atterrisseur lunaire humain moderne. Nous reprendrons donc le travail avec SpaceX dans le cadre du contrat dès que possible« , a déclaré l’agence dans un communiqué.

La NASA souligne également que d’autres contrats pour des missions lunaires supplémentaires seront annoncés l’année prochaine. Blue Origin pourrait donc remporter plusieurs de ces contrats. Toutefois, pour le retour des humains sur la Lune après plus de cinquante ans d’absence, il va falloir compter sur SpaceX.

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Illustration du « Starship » sur la surface lunaire. Crédits : NASA

Un plan à trois (pour commencer)

La NASA financera SpaceX à hauteur de 2,89 milliards de dollars pour une première mission sans équipage vers la Lune, suivie d’une seconde avec équipage.

Ces missions impliqueront trois structures : une fusée Super Heavy lancera un vaisseau Starship en orbite lunaire. Quelques jours plus tard, une fusée SLS lancera un équipage à l’intérieur d’une capsule Orion qui accostera avec le Starship autour de la Lune. L’équipage sera finalement transféré vers le Starship avant d’atterrir sur la Lune. Pour le retour, ce sera le même principe.

Toutefois, ce « ménage à trois » pourrait n’être que temporaire. Nous savons en effet qu’à terme, le Starship sera capable de transporter des humains vers la Lune directement depuis la Terre.

Aussi, on imagine difficilement la NASA s’encombrer avec des budgets incroyablement élevés (plus de deux milliards par lancement pour la SLS) tout en supportant un nombre limité d’occupants à bord, alors que le Starship sera en mesure de proposer des vols beaucoup moins onéreux tout en étant capable de livrer beaucoup plus de charge utile.