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Attentats: accepter sa peur plutôt que de la fuir

Crédits : danthelibrarian / Pixabay

Les événements tragiques qui secouent la France ces derniers temps nous laissent abattus. Les émotions qui nous submergent alors, et en particulier la peur, nous paralysent dans notre quotidien. Comment réagir et appréhender cette peur existentielle ?

Faire comme ci rien ne s’était passé ? S’imaginez dans un monde où le mal et la barbarie n’existent pas ? C’est loin d’être la solution. En effet, la peur lorsqu’elle est évitée prend de l’amplitude. Le déni n’arrange donc rien : ce n’est simplement qu’un prêt de tranquillité que l’on paiera plus tard avec intérêt. C’est justement dès lors que l’on n’accepte pas une peur qu’elle va nous tétaniser puisqu’on ne l’extériorise pas. On condamne toute possibilité de grandir avec. Tout le monde a peur, il ne s’agit pas de se prétendre intouchable ou insensible. La question n’est donc pas réellement comment ne pas avoir peur, mais que faire de cette peur ?

La peur comme tremplin

Pour le psychanalyste Olivier Douville, ce n’est qu’en acceptant et en reconnaissant ce qui nous effraie que nous pourrons continuer à vivre et ainsi résister à cette barbarie. Si nous parvenons à sublimer notre peur, elle changera de nature et deviendra un réel tremplin pour notre combat de tous les jours. « Dès que l’on accepte une peur, on la dépasse ». Il suffit de s’inspirer du comportement des pays qui sont en guerre depuis des années et qui subissent eux les effets du terrorisme chaque jour.

Les attentats sont le quotidien en Irak, Syrie ou Israël qui supportent des attaques aux couteaux et aux voitures béliers incessantes. Ses habitants ont bien compris qu’il fallait au plus vite vivre et assumer cette peur qui les tient en alerte chaque instant. Par ailleurs, la société actuelle, empreinte d’égoïsme, fait dépendre la peur de sa situation individuelle. Le souci pour autrui n’est pas vécu comme prioritaire. On va avoir peur pour soi et non pas pour les autres. Cependant cette attitude empêche de faire quelque chose de sa peur. Il faut au contraire avoir peur pour la cohésion sociale ou sinon, nous continuerons d’être complices d’une société qui fabrique des préjudices et des candidats au crime.

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